Aux racines, les artistes préfèrent savourer les fruits qu’ils recueillent de leurs expériences. Malgré une évidente appartenance, leurs productions se singularisent alors en s’affranchissant de leur origine. Sa transmission devient parfois une incontrôlable réussite guidée jusqu’au succès. Mexican Institute of Sound (MIS) et les Meridian Brothers éprouvent cette allégresse en abrogeant les frontières musicales entre Mexique et Colombie grâce à Ruido Tovar.
A la tête de Mexican Institute of Sound, Emilo Lara connaît la notoriété avec ses projets audiovisuels référencés. Il s’évade de sa routine en s’associant pour Ruido Tovar à Meridian Brothers, cette formation colombienne portée par Eblis Álvarez, que celui-ci débuta en solo en 1998 à Bogota. D’apparence vintage, ces 10 morceaux révèlent illico leurs effets euphorisants. Des standards rythmiques cumbia émergent de ces titres originaux, célébrant le triomphe de l’excentricité et de l’imagination. Refugié sous un panama il semblerait primordial d’investir un comptoir, une terrasse, avant d’assaillir une piste de danse. Les rythmes latinos amalgament les touches électroniques comme d’utiles exhausteurs de saveurs musicales sur des morceaux chantés ou instrumentaux.
Cumbia Fantasia suffit à Meridian Brother pour conceptualiser l’esprit de l’ensemble de ces compos facétieuses. Cette appellation a l’importance necesssaire pour percevoir les contours créatifs de ces compositions, entre clavecin acide (Ritmo Babilonia) et mandoline dissonante sur Ira (IA). Bercée d’une douce euphorie, l’escouade maîtrise l’art de composer en accords mineurs abrasifs des lignes de basse onctueuses et déroule même sur Concorde une cumbia lo-fi en mode 8 bits.
Beck qui fournit par ailleurs son studio Angélino a cette cause de guérilleros électro-psyché figure sur deux featurings et notamment Cumbia Beckiana pour une reprise désarticulée de l’un de ses hits.







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