Vince Staples cultive son indépendance, décloisonne le rap et assume ses influences. Affranchi de sa tutelle à Def Jam, l’homme de Compton recouvre une totale liberté artistique et signe un septième album en forme de manifeste. Et puisque le rêve américain ne fait plus vendre, il s’inscrit dans la tendance contestatrice, qui, depuis cent ans a alimenté les ondes et les bacs de blues, folk, soul puis de hip hop.

Ces 11 titres, convertissent l’énergie musicale en urgence expressive, l’audace de la transgression jaillissant dès les premières mesures quasi punk-rock. Le décompte de la mesure s’y effectue sans sommations et précipite les 4 temps de Blackberrry Marmalade et son aversion des violences de masse. Go Go Gorilla vient ensuite scander un refrain accrocheur contre le racisme avant de retrouver plus de sobriété sur White Flag, avant de se confronter à l’impétuosité de l’humeur de The running man. The big bad wolf soutenu par d’habiles scratchs clôt une face qui précipite vers la seconde, révèlant un bonus track, Tulsa ok, absent de la version numérique.
Vince Staples collabore avec Mike Hector ou Mino Drerup sur ses productions corrosives comme sur Do you know à la basse disto. De ce jeu organique, le rapprochement avec The Roots ou le Check your Head des Beastie aurait pu être pertinent. Mais ici on retrouve moins l’exubérance et les jaillissements qu’une réflexion assumée sur les travers par trop patriotiques de ses concitoyens. Le rythme et l’oralité convergent tout au long de cet album dans un brûlot à l’esthétique plaisant où Vince Staples s’affirme en fuyant la futilité et en embrassant un propos sans concessions.




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