A Berlin-Ouest en Février 1948, la population éreintée suffoque sous le blocus russe. Dans l’atmosphère interlope de cette époque, une bande de gangsters tendance Al Capone abandonne 3 cadavres dans une décharge. Une enquête méticuleuse s’enclenche alors, menée par l’inspecteur Richard Oppenheimer et l’équipe qu’il dirige.

L’écho des ruines s’inscrit dans une remarquable série de romans noirs traduits de l’allemand. Finement écrit, il s’échafaude dans un style où les sonnettes  »tintinnabullent » et où les gangsters portent costumes et borsalinos. L’intrigue met en scène un policier juif, rescapé de la guerre et de ses traumas aux prises avec un gang ultraviolent. Cette trame parcourt les décombres de Berlin, sillonne entre les ruines du Reichstag, passe par les studios de cinéma et ses soirées mondaines. Elle s’insinue dans les strates d’une société avide de libertés, hébétée par le souffle de la débâcle et des privations.

L’histoire renseigne sur cette époque en exposant une réalité misérable nourrie d’expédients dont le quotidien dépend du pont aérien américain sur Berlin. La sectorisation de la ville, morcelée par les forces d’occupation alliées, désorganise la police et ses investigations. Jo le leader du gang qui profite de ce désordre et accumule les exactions, gravit les échelons de la pègre sans en respecter les codes d’honneur.

En éclairant le lecteur sur une époque originale, la vocation du polar s’accomplit bien dans ce récit aux teintes de romans d’espionnage de la guerre froide. Inscrit dans une période propice à un récit policier, L’écho des ruines offre d’agréables perspectives aux lecteurs qui aiment lier l’utile à l’agréable en associant une intrigue à un contexte historique.

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