Une hécatombe. Une succession de disparitions accable impitoyablement le public et les passionnés de reggae roots. Faisant fi de la fatalité, ceux-ci seront toujours reconnaissants de pouvoir consulter l’héritage des artistes fondateurs. Le bonheur de se confronter à leur transmission supplantera toujours la douleur liée à la fatidique réalité du passage du temps. Leur message s’inscrit dans l’intemporalité, l’universalité d’une culture solaire et progressiste.

Pablo Moses prolonge cette lignée, la dynastie des esthètes du reggae. Porté par la spiritualité du rastafarisme, ses idéaux ont irrigué le courant du roots dont il demeure l’un des plus éminents interprètes. Né en 1948 lui et sa génération portée par l’indépendance de 1962 ont construit ce mouvement culturel tout en convertissant les affres du dénuement et des violences politiques en inspirations musicales.
Lui qui se proclame voix des sans voix a toujours soutenu un message clair d’émancipation. Avant de connaître la France pour ses premières dates en 1985, il avait subi la censure en Jamaïque au début de sa carrière en 1975 où ce sont les sounds systems qui firent sa réputation. Artiste intègre et inspiré, il a connu l’âge d’or du reggae en menant sa carrière dans l’ombre de celle de Bob Marley. Signé sur le même label qui l’a très peu mis en avant, Pablo Moses incarne la force d’une époque avec une successions de sorties indissociables de cette période 75-85.
Espérant que celui-ci coule des jours paisibles, le label français Baco lui offre une anthologie 10 titres qui couronne une discographie entamée par Revolutionary Dream au cœur des 70’s. Pablo Moses a su s’entourer de musiciens à l’aura internationale, en atteste les chœurs bien souvent maitrisés par Judy Mowatt, Rita Marley ou Fredie Mc Gregor. Pablo Moses a toujours délivré ses messages sur un reggae complexe élaboré avec méticulosité, comme sur l’anthem Dubbin is a must, certainement son plus célèbre. Ce florilège fait la part belle à l’album A Song paru en 1980 et où figure ce titre, qui marqua le paroxysme de sa carrière.
Il a aussi su progresser avec l’évolution du matériel musical, en attestent les arrangements digitaux sur The spirit of Jah paru issu de l’album We refuse de 1990. On découvre ses intonations »Burning Speariennes » sur Life Big Shot, et alors que les tendance du reggae se succèdent, cette anthologie s’offre à nous comme le témoignage d’une époque rayonnante.










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