Djen et Blaise se sont connus alors qu’ils avaient 14 ans. Pas encore majeurs mais portés par l’insouciance de l’adolescence, ils décident de braver l’existence et d’accueillir l’enfant que porte Djen. Ces lycéens sans ressources doivent pourtant se confronter à la réalité et à l’incapacité de pouvoir subvenir à leurs besoins. Malgré sa droiture et son sens de l’honnêteté, Blaise succombe fatalement au pacte que lui propose son ami Bobby. Tous deux sont recrutés par un trafiquant de drogue pour accomplir un contrat, la fuite en avant vers la violence devant engendrer des conséquences irrémédiables.
Sicario Bébé débute comme un roman social mais prend au fil de son histoire une tournure de polar. Pour son 7ème roman, Fanny Taillandier déploie un récit sur la force de vie et les convictions au bonheur. Djen et Blaise, le couple adolescent qu’elle met en scène, rapportent l’histoire sur un mode oral, à posteriori de leurs aventures. Ces narrateurs optimistes et résolus espèrent un avenir serein, mus par des espoirs simples et raisonnables. Blaise, le personnage central, a été abandonné et confié à une tante, errant de foyer en foyer durant son enfance. Son tempérament amène et optimiste le rend attachant et il se montre lucide sur sa condition. Son road movie vers le crime lui offre des révélations sur ses origines, lui qui conçoit la vie comme un bonheur et une terreur à la fois, et dont il tente de garder le contrôle malgré l’enchaînement des évènements.
Cette histoire s’inspire de faits divers authentiques, son évocation de la jeunesse et de ses difficultés inclinent le récit vers les marges sociales et le narcotrafic, de foyer de travailleurs en ZAD. Le récit se déploie ainsi dans des zones péri-urbaines de villes imaginaires proches du nord-ouest de notre territoire, notamment vers un port qui pourrait être Le Havre.
A l’instar des ouvrages de Tristan Saule et de sa Chronique de la Place Carrée, son cadre s’échafaude autour de classes sociales populaires. Sans idéal émancipateur, le désir terre à terre et concret de simplement s’assumer procure une certaine empathie pour ces personnages sans pères auquel l’avenir se refuse. Avec le droit au bonheur comme aspiration, Fanny Taillandier magnifie ainsi la simplicité d’une vie accomplie comme une fin en soi.





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