S’il nous est permis d’écouter et d’applaudir les musiciens d’Inna de yard, c’est en partie à Winston Mc Anuff et son ouverture vers le monde que nous le devons. Connu dans les années 70 pour son travail avec Derrick Harriot. Il a semble-t-il toujours porté son regard et sa curiosité au-delà de l’azur qui ceinture la Jamaïque. Ses connexions l’ont acheminé en France, où depuis le mitan des années 2000 il a enregistré et tourné avec des musiciens comme Camille Bazbaz, Yarol Poupaud, -M-, Cyril Attef, et a surtout entamé une collaboration avec Java puis avec Fixi. Ensemble, ils ont déjà produit Paris Rockin’ en 2006 et A New Day dont était issu le single Garden of love, en 2013.

L’amitié qui relie les deux hommes révèle un attrait réciproque pour les valeurs humaines essentielles. Elle a mené en 2015 le chemin de ces deux hommes à Calais, pour une soirée de nouvel an avec des migrants. De ce moment de partage et d’humanité naquit un texte, devenu chanson. Après 3 ans de travail, ce concept s’est décliné en un magnifique album, Big Brothers, allusion éloquente à la sagesse du grand frère.Les deux compères déambulent ainsi en 10 nouvelles chansons autour des influences cubaines, du groove et de la soul. L’emploi de l’accordéon illustre bien leur singularité : l’assimilation du chant de Winston dans ce mélange original.

L’esprit du blues enveloppe cet opus gracieux aux teintes mélancoliques, qui accueille sur One note, un kuduro qui ne dit pas son nom, la chanteuse angolaise Pongo. Sur I came i saw, l’accordéon de Fixi, tapi au cœur de ce maloya, attend opportunément ses quelques mesures réservées pour se mettre en majesté. Au centre de ces instrumentations complètes trône le piano et ses accords mineurs, qui dans chaque morceau livre son humeur, dansante ou introvertie.

La voix patinée de Winston McAnuff, qui supporte le poids des épreuves de la vie, ne lâche jamais le cap face à l’adversité. Dès lors, il est à parier que les concerts donnés par le duo porteront haut la voix de l’altruisme et de l’hospitalité. Aucune ambiguïté, donc, mais une subjectivité assumée : on adore Mr Electric Dread, faites-vous pas vous-même une opinion du dernier volet de ses aventures avec Fixi !

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