Pour les dub specialist de la première génération, c’est un fait acquis, Dub Landing, est un peu le pavillon témoin de ce qui fut produit en 1981. Induit par la qualité du matériel de base, des morceaux de roots somptueux made in Channel One produits par Linval Thompson furent mis à nu par Scientist. Voici donc dans sa dernière livraison un repress de ce qu’il serait opportun de considérer comme l’un des meilleurs album dub de tous les temps.
Deux rééditions s’opposent dans les bacs, avec chacune de solides arguments à faire valoir pour convaincre le chaland. Introuvable depuis quinze bonnes années, un label nommé Mirumir proposait en 2016 de repartager Dub Landing, en version remasterisée, auquel était ajouté un cd. Malgré un artworck assez fade, il était à noter une particularité en cela que ce lp s’écoutait en 45 rpm. Deux ans plus tard, Greensleeves, qui se montre en général réactif lorsque des productions appartenant à son pré carré sont pressées par d’autres labels, pris les bacs d’assaut avec un double lp. Pour cette réédition, l’illustration relève presque de l’anachronisme. Tony Mc Dermott œuvre évidemment à l’embellissement de l’objet, mais avec un travail récent mais futuriste. Cela ne gâche en rien au plaisir, d’autant que l’essentiel se trouve bien dans le contenu. Pour qui se procure un exemplaire initialement destiné à la distribution internationale, il retrouvera les cuts vocaux originaux, et là, c’est un feu d’artifice ! Nombre d’entre nous ayant parcouru ces dubs au fil des années, quel plaisir de découvrir la version initiale mixée avec chacune des pistes du morceau. Pourtant, le summum, atteint par le fantastique, Galaxy révèle paradoxalement un cut vocal de Al Campbell d’intérêt largement moindre, mais au moins, le mystère est levé sur la chanson originelle.
Ces sessions ont été enregistrées peu avant 1981 à Channel One par les Roots Radics. Constitué du all star habituel, avec Flabba Holt & Santa Davis pour la section rythmique, la musicalité de chacune des parties rayonne, là où la rigueur du early dancehall ne tarderait pas à s’imposer. Scientist, qui traverse alors une période faste et furieuse, revisite ses pistes et signe des dubs qui contribueront à édifier sa légende de digne fils spirituel de King Tubby. L’élève a-t-il dépassé le maitre ? Chacun a son point de vue sur la question.





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