Insatiable pourvoyeur de musiques nouvelles, la paire rythmique la plus réputée de Jamaïque s’associe pour cette fois à un triumvirat venu du froid. L’acuité electro jazz de Nils Peter Molvaer, associée à Elvind Aarset et Vladislav Delay, passe ainsi au révélateur du célèbre »Sly & Robbie treatment ». Que ce soit avec Jagger, Gainsbourg ou Dylan, les Riddim Twins ont enregistré pour quelques-uns des plus grands artistes de pop culture. Adepte de sorties iconoclastes, ce duo inaltérable combine désormais avec l’excellence scandinave.
De riddims reggaes mêlés à la froide maitrise norvégienne découle une interprétation magistrale. Pour ceux qui ont vécu l’expérience en concert, elle s’inscrit dans la lignée des compositions d‘Eric Truffaz associé à Kaly Live Dub. Sertie dans des basses hypnotiques, la puissance d’évocation du reggae déroule ici aisément ses repères. Cette rythmique en acier, sertie d’effusions cuivrées, scintille sur le down-tempo glacé par le souffle virtuose de Nils Peter Molvaer. La froideur séquencée se fait ici l’écho de l’abîme post industriel : de l’alliance de la glace et du magma jaillit ainsi le concept de Nordub.
Sur scène, ces morceaux évoluent et l’audace de la programmation électronique laisse libre court à l’inspiration du moment. L’assise reggae se fait évidente sur les déclinaisons one drop expérimentales dans un set immaculé de skanks. La basse reggae, comme un socle pour une musique innovante, oriente parfois ses adeptes vers la culture jamaïcaine puis laisse libre cours à l’expérimentation electro jazz.
Les allusions aux riddims classiques, (Marcus Garvey de Burning Spear ou le No no no siglé Studio One), tout comme l’évocation du lead vocal du Satta Massagana des Abyssinians étonnent et comblent les habitués de roots. Robbie Shakespeare se saisissant parfois du micro, ces moments rares attisent instinctivement le bonheur de l’instant présent, de connivence et de transmission.







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