Certaines rencontres musicales provoquent l’émerveillement. Découvrir des horizons musicaux, se confronter à de nouvelles humeurs rythmiques, à des saveurs harmoniques insoupçonnées participent bien au plaisir vital de la curiosité. Amall, album filial que l’on doit à François et Sylvain Rabbath, nous y aide en provoquant la satisfaction de la découverte de nouvelles créations.
Francois Rabbath, contrebassiste de renom mais aussi arrangeur et compositeur, a travaillé depuis le début des années soixante avec notamment Barbara ou Quincy Jones, mais aussi avec Paco Ibáñez, Charles Aznavour ou Édith Piaf. Il parcourt le monde pour dispenser son art aux côtés de son fils Sylvain au piano. Ces 6 dernières années de voyages leur ont inspiré les 9 pièces ici gravées pour l’éternité sur cet album illustré par François Rabbath. Rendues possibles par l’imagination et le talent de ses interprètes, les rencontres et les endroits parcourus ont aussi donné vie à ces morceaux étendus en une succession de parties virtuoses.
Sagesse et harmonie se dégagent de cet enregistrement, fruit de la connivence entre un père et un fils maestros de leurs instruments. Le swing et groove d’Amall projettent leur vision musicale avec expertise et raffinements. Entre jazz oriental et musique orchestrale, cet album à l’allure de road movie se proclame « syrian ultra jazz funk » sur le macaron originel et s’écoute comme tel.
Cet opus fait de virtuosité et de plaisir porte bien le souffle des rencontres et des lieux, en atteste le bijou de groove sur Twin City inspiré par une escale à Minneapolis. Epique et tempétueux (Sevillana), fait de surgissements lumineux dans les renfoncements (Camomille avec notamment Mathieu Chedid) et d’accalmies, Amall profite aussi de l’expérience ses invités : Victor Wooten à la basse, Minino Garay aux percussions, Laurent de Wilde au piano notamment. La mélancolie émanant de la contrebasse jouée à l’archet sur certains thèmes et la variété d’instruments différents participent à l’éclat de ce disque. Cette expérience musicale renverra certains au souvenir de Subtone Trio qui rassemblait jadis 3 générations de musiciens autour d’un contrebassiste patriarche.




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