Méchamment cool, inspiré par une réalité quasi ésotérique et par l’animation japonaise, Mc Kinley Dixon signe avec Magic Alive un opus fondamental. On pourrait se référer ici à Jazzmatazz ou à The Roots mais ce serait largement réducteur tant ce 5ème album bouscule l’évolution du hip hop live. Cet album de poésie urbaine, dense mais jamais surchargé, provoque l’accélération de l’évolution d’un style musical en synthétisant ses influences jazz, rock et soul. Le flow mélodieux et la scansion de Mc Kinley Dixon étonne aussi par ses variations, là où l’on retrouve quelque chose des proclamations de Saul Williams dans son attitude jazz-rap poétique et du flow de Kendrick Lamar.

Magic Alive incarne l’expression d’une musique vivante et vibrante, organique et imprévisible comme pour mieux exposer l’écriture introspective de son auteur. Sur All the Loved ones, là où quelques notes auraient largement contenté nombre de rappeurs pour poser leur « 16 mesures », le groove s’élance et déroule une instrumentation éclatante. Suga Water (feat Quelle Chris and Anjimile) nous confronte aussi a la puissance amène du couple batterie-contrebasse. Un backing soul sublime le morceau, et cette coloration pleine d’esprit prend toute la lumière sur Could’ve Been Different feat Shamir & Blu. Chaque titre marque le contrepied du précédent dans une saisissante fantaisie musicale qui s’illustre par la complexité des nappes de cordes, de cuivres, de clarinettes, de harpe, de flûtes…

Ce foisonnement de talent en studio promet des sets captivants surtout si ce personnel constitue en tout ou partie le backing band. Mc Kinley Dinxon, artiste intégral, élabore ainsi une œuvre reconnue pour ses inspirations et son influence culturelle qui le dirige progressivement vers une plus large notoriété.

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