Depuis 2015 et le superbe Walk The Walk, Brain Damage fusionne son riche parcours dans le dub avec ses expériences de voyage. Suite au départ du groupe de son flamboyant bassiste, les perspectives créatives semblent avoir évolué pour le producteur stephanois. Elles prennent ainsi la direction par vol direct de voies plus internationales, hier à Kingston, aujourd’hui vers Bogota. C’est en 2016 que débuta la genèse de ce 14ème album intitulé ¡ Ya No Más!. En Colombie pour donner des concerts, Martin fit naturellement connaissance sur place de certains artistes emblématiques de la scène reggae colombienne. Cette rencontre déboucha sur la promesse de collaborations, qui prirent corps en 2017 lors de séances d’enregistrements avec des chanteurs et des musiciens de cuivre, de percussion, et des joueurs de flûte, de harpe et de marimbas. Les habitués de la maison Brain Damage, construite en 1999, devront écouter cet album à l’aune de ces dernières productions. Car pour ce 14ème album, on se distancie encore un peu plus du UK dub des débuts. Néanmoins, l’esprit reste le même, et sur des tempos apaisés, les basslines et le skank synthétique convergent vers le reggae originel. Ça et là, le dub peut ressurgir dans les interstices des enregistrements d’instruments acoustiques de ce reggae. Chez ces musiciens prime la simplicité dans leur jeu, basé sur une rythmique au cajun. Dans la générosité et la transmission d’émotions nouvelles, il s’entend clairement que Brain Damage se fait plaisir. Il s’agit là d’un album comme un aparté dans l’évolution de Brain Damage, à moins que ce ne soit une évolution plus durable, qui a plus à voir avec les musiques du monde qu’avec celle de la scène strictement dub. Le cosmopolitisme musical en sort grandi, et, grâce à Martin, on entame avec délectation notre découverte du microcosme reggae colombien. Tout à côté des chefs d’œuvre de Quantic, l’exaltation de la découverte débouche sur une insatiable curiosité, celle de se rapprocher en concert du feu qui anime cette fusion musicale intercontinentale.





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