Ejectons les poncifs de cette chronique afin de rendre grâce à un album qui magnifie l’esprit originel du reggae. Alors non le roots n’est jamais mort, et le vinyle n’est pas de retour puisqu’il n’a jamais fait défection ! Conduit avec harmonie et sobriété, l’aura du grand Augustus Pablo plane au-dessus de ce disque. Son fils Addis reprend le flambeau d’une famille touchée par la grâce de l’esprit du reggae véritable. Leur épopée se poursuit, aidée en cela par les membres de Suns of dub, comme si l’ère du roots ne s’était jamais interrompue. Dub Iration signe l’artworck d’un superbe 33tours pressé par le label français Onlyroots qui matérialise le lien entre le passé et le présent. Evidemment, la filiation se poursuit entre Augustus et Addis. Les attaques de mélodica n’ont que peu de différences avec celles de maitre Augustus. Lorsque débute Eastern Acoustic, cela relève même de la connivence. Là, le Java riddim originel semble ressusciter le temps de quelques mesures. On bat ici les contingences en règles, les morceaux vocaux succèdent parfois au dub et le tracklist mélange allègrement les compos. Le paroxysme du plaisir est atteint avec Harrar, instant délicat évadé d’un songe éveillé. Décliné en 3 versions éparpillées sur les deux faces du vinyle, ce titre incarne le mieux cet opus, à la fois sauvage et déterminé. Cet album de dub fameux où les mélodies se dissipent dans des volutes de mélodica atteindra la postérité, au côté de l’œuvre d’Augustus Pablo, assurément.





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