Sur les routes dernièrement avec les Marseillais du Handcart band (super backing soit dit en passant) le frontman de Groundation (mais aussi l’homme de Rockamovya et de Natty Fly Again) avait pris au préalable le temps d’enregistrer un nouvel opus. Le Professor dispense ici son art en 9 nouveaux morceaux agrémentés de 3 dubs. Bien servi par des musiciens jamaïcains emblématiques, Harrisson Stafford emprunte des chemins moins jazz qu’au sein de Groundation mais il a su gagner la reconnaissance de ceux qui ont véritablement bâti cette musique. Mélange de clairvoyance et de mysticisme, ces titres originaux reposent sur la rythmique de Horsemouth Wallace et de Flabba Holt. One Dance est le second album depuis 2011 enregistré avec ses musiciens, qui comporte une partie des prises de sons réalisées au studio Harry J à Kingston. Harisson Stafford témoigne un total respect pour ceux qui ont vécu l’épopée du reggae. Avec ce side-project, il s’imprègne du vécu de ses musiciens pour donner vie à ses textes, choisis parmi plusieurs dizaines. On peut arbitrairement mettre en exergue Hush, redoutable rockers aux cocotes de clavier imparables ou One Dance, un ska fast style sautillant et saisissant. Mr Stafford concocte par ailleurs un hommage pour un des leaders des mouvements pour les droits civiques, Mario Salvio, sur Young Dread, qui incorpore un extrait d’un discours de 1964. Voici donc un album illuminé par un esprit singulier, celui d’un homme qui diffuse une musique comme un appel à l’unité et l’harmonie. Idéaliste mais réaliste, internationaliste et pacifiste, Harrisson Stafford alimente ainsi le chapitre qui lui ai consacré dans l’Histoire du reggae.

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