Avec sa conception intègre de la musique jamaïcaine et son parcours sans fausse note, Fred, aka Webcam Hifi, incarne une certaine vision de l’indé français. Son savoir-faire appliqué à 10 maxi vinyles  autoproduits se voit bonifier par la sortie de son premier album sur son propre label. Livity is my temple présente aussi le mérite de mettre à l’honneur ses excellentes connexions tout en mettant en évidence l’état d’esprit d’entraide qui règne au sein des musiciens du dub roots français. Le parcours de Webcam Hi Fi est ainsi révélateur de l’évolution de cette scène, puisque d’abord rodé par le rock indé, il a commis avec Löbe des albums de dub français en phase avec le style lyonnais « high-tonien ». Il a ensuite participé à l’évolution de cette scène vers une réminiscence reggae, proche dans son attitude de la posture jamaïcaine des 70’s.

Voilà donc un opus placé sur une orbite roots à tendance dub, qui s’articule autour de riddims déclinés sur un mode proche d’un showcase. Il émane de ce disque une sérénité et une plénitude qui rendent son écoute apaisante, alors que les interprètes ici présents jouent avec nos émotions et alternent notre ressenti. C’est ainsi que Tony Roots entonne Happiness, un stepper léger et sautillant alors que le vétéran yardi Joseph Cotton ravage tout avec Osmobile. Sur Friendship, un one drop dubbé à la basse gonflée à bloc, qui se réinvente plus tard avec Madu Messenger, on découvre tout le charme vocal de Vanya, une chanteuse croate membre de Radikal Dub Kollectiv. Le Same feeling chanté par une Sista Bethsabée mélancolique clôt un opus de 15 titres qui marque assurément une étape dans l’évolution du véritable roots français.

Laisser un commentaire

Tendances