L’âme du reggae d’antan, sa force et son mysticisme au service d’une cause : l’authenticité de la musique jamaïcaine ! La vibration de The Light Of Saba constitue ainsi un apport essentiel à la bande son des années 60 et 70. Constituée autour d’une section de cuivres magistrale issue de l’Alpha Boys School, cette formation menée par Cédric Brooks a concentré ses enregistrements sur une période allant de 1977 à 1980. 4 albums furent produits pendant cette période. Ses membres s’éparpillent ensuite sur une quantité hallucinante d’albums, que ce soit en qualité de trombonistes, de saxophonistes, de trompettistes, de clarinettistes, ou de percussionnistes. Pour cet album réédité par le label dijonnais Kingston Connexion, les délices musicaux confectionnés débordent du contexte yardi pour embrasser la black music dans sa globalité. Le groove s’illustre par sa constance sur des morceaux qui débordent de facéties et qui semblent imprégnés d’influences bien plus afro-américaines qu’exclusivement jamaïcaines. Sadebe, morceau d’introduction, se singularise du reggae roots de cette époque par ses refrains psalmodiés, son beat et ses harmonies, comme un dérivé funky des Congo’s de Lee Perry. Chacun des morceaux de ce disque qui comporte 7 titres, auquel est rajouté un bonus track final de percussion, s’affranchit du précédent, puisque le second titre Music in my brain sonne comme un slow de pop music psychédélique. Caliweed poursuit sur un mode soul-reggae, qui aurait assurément plu au personnel de Studio1. Le reste de cet opus dont on distingue au loin un grésillement de vinyle ne de se départit pas d’une énergie et d’une qualité d’ensemble qui en fait chef-d’oeuvre de ce que l’on appelle aujourd’hui world music.





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