Porte-voix d’un pays déchiré par des intérêts qui dépassent l’entendement de sa population, Takana Zion fait aujourd’hui figure d’ambassadeur d’un peuple en quête de justice et de liberté. Alors que les ethnies guinéennes s’affrontent entre factions rivales, Takana Zion réunit leurs langues, soussou, anglaise et française dans un creuset musical qui porte pacifiquement tout l’orgueil et la fierté de ses origines. Voici son second album paru en métropole, en quelque sorte cause et solution de très nombreux politiques africains. Toujours réalisé par Manjul mais enregistré cette fois à Paris, on retrouve la même texture sonore que sur son premier opus. Il en diffère cependant par ce qui semble être en quelque sorte de la maturité, voire de la plénitude chez Takana, dans le chant. Les meilleurs musiciens actuels figurent sur l’enregistrement de cet album, qui, mixé par Godwin Logie (SteelPulse, Island Records) bénéficie des meilleurs atouts dans sa conception. On relèvera parmi ses 13 titres Jeune fille qui se pose directement en référence de reggae chanté en français et encore les magnifiques Anawafe, Sekou Ko Non ou Reggae Donkili en featuring avec Victor Démé. Un autre morceau mérite d’être mis en exergue : le brûlot anti-colonialiste, lucide et perspicace Rendez à Cesar, aussi grave dans le fond que léger dans sa forme (« Si t’as pas compris le passé comment pourrais-tu comprendre le présent, l’esclavage est encore plus fort aujourd’hui qu’avant »)
Takana, qui s’applique à se diversifier sur chaque morceau, nous offre ainsi un album roots résolument moderne. Un côté internationaliste indique que le Sizzla africain semble se diriger vers une carrière majeure, pour peu qu’il évite les écueils placés sur sa route.





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