Soucieux du détail, Sayag a élevé l’esthétique de sa musique a un degré qu’auraient certainement encensé les anglais de la scène  »drumn’jazz » des années 90. Leur live époustouflant a servi de caisse de résonnance à un bouche à oreille qui n’a pas faibli depuis leurs premières prestations. No me digas permet donc de retouver ce collectif dans des dispositions toujours aussi créatives, même si l’excès d’influences peut parfois nuire à la fluidité de leur compos. Jazz, breakbeat, jungle, down et mid-tempo caractérisent cet album, parsemé de featurings cosmopolites (Soklak, Busdriver, Anita Tijoun, Broke Gringos, Shanti D pour les voix) qui servent de détonateur à une substance explosive. No me digas reflète la progression d’une formation majeure et atypique des scènes « électro-organiques », puisque délayée avec des extraits intégraux d’instruments tels que contrebasse, scratchs, guitare flamenco et autres instruments à vent. Cette musique ultra dense, hyper imaginative, toujours sur le fil d’un changement radical d’ambiance, telle une BO de film, constitue une sorte d’hybride de jazz moderne et de musique urbaine qui impose définitivement Sayag comme une valeur sûre de la scène électro-française.

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