Le groupe Merger, qui signifie fusion, a judicieusement choisi son nom. Ce groupe anglais enregistra Exiles ina Babylon en 1977 au cours de 2 soirées qui révéleraient son opus le plus significatif. Merger, a contribué au décloisonnement du reggae et à son ouverture vers des horizons nouveaux en enregistrant en 1980 leur second et dernier album, Prisoner of your love. Makasound renoue donc avec ce qui semble être pour ce label une vocation en exhumant cet enregistrement qui jette un éclairage sur cette formation méconnue. Ce trio anglais multipliait les expériences musicales, comme ce fut le cas pour leur batteur qui accompagna Nate King Cole et qui enregistra des sessions pour les Clash. Merger, tel un proto Bad Brains, mais sans pour autant interpréter de punk rock, a repoussé les limites du reggae-roots en assimilant des influences plus visiblement anglo-saxonnes, en attestent le psychédélisme de l’orgue, les harmonies et la richesse des lignes de basse. Avec Exiles ina Babylon, et Have you heard en point d’orgue, il émane de cet album un certain classicisme roots et une modernité évidente (Ghetto Child) où semble se dessiner les contours de l’esthétique du reggae anglais des années 80. Un sérieux niveau d’interprétation musical et un mix bien plus riche que les productions jamaïcaines se distinguent des sorties contemporaines à cet album, puisque pas moins de 9 parties musicales (dont l’harmonica) constituent l’instrumentation trop rarement entendue dans le reggae originel. On savoure aussi de super arrangements de guitare et de flûte qui se départissent quelque peu des enregistrements reggae contemporain des 70’s. Il en résulte une vibration très moderne (Understanding), proche de celle des artistes world d’aujourd’hui. Chef-d’œuvre de la contre-culture, Exiles ina Babylon constitue une charnière entre le reggae yardi, anglais et des productions américaines de l’orée des 80’s. Il eut été dommage de ne jamais le connaitre s’il n’avait pas été réédité.





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