Dubber nordiste voué aux joies & plaisirs du stepper, Weeding Dub incarne la seconde génération du dub français. Son sérieux et son implication lui ont permis d’être honoré de sorties vinyliques sur plusieurs labels reconnus. C’est avec à ses côté des mc’s comme Humble I, I-Tist ou Mc Oliva qu’il propage une vibe puissante résolue à secouer les caissons de basse. Ce voyageur mû par la force de sa musique arpente sans relâche le territoire, tout en s’étant forgé une ardente réputation dans l’Europe entière qu’il a parcouru au printemps 2009 au côté de Webcam Hifi. C’est au beau milieu des Cévennes, dans un authentique coin de paradis terrestre qu’il nous accordait cet entretien.

Cévennes-up !

Qu’as-tu ressenti lors de la disparition de Manutension ?

D’un point de vue personnel j’ai été évidemment touché. Je ne suis pas un proche de Manu. Ce serait abusé de dire que j’étais un proche mais j’ai envie de dire, comme tout le monde qui l’a croisé dans sa vie, que tu es un peu obligé d’aimer le personnage. Mark Iration dans Natty Dread lui a rendu un hommage, où à la fin, il disait que tous les jours, Manu donnait de l’amour. Je trouve que c’est la meilleure définition de Manutension. C’était un mec qui était d’une grande générosité. La première fois que je l’ai rencontré c’était à Dunkerque il y a 10 ans de cela et je voulais le chéker pour discuter, j’étais avec ma petite démo à l’époque, il m’a dit : « Suis-moi dans mon bureau ». On est arrivés…aux toilettes… où on a pissé en discutant… et tu vois ça c’est tout du Manutension. Manu fait partie de ces gens qui donnent et qui ont toujours énormément donné. Il n’hésitait pas à partager ses compétences, son expérience. Quand j’ai commencé je ne connaissais pas grand chose au dub et lui était déjà dedans depuis pas mal d’années. Hyper simple et hyper généreux. C’était en 1998 ou 1999. Je l’ai invité ensuite sur mon premier album, Steppactivism, sorti en 2004 et là on a fait un peu plus connaissance. Quand il habitait Paris, j’étais allé passer quelques jours chez lui, comme il y a un ou deux ans où j’étais allé passer quelques jours chez lui dans les Landes. Là, on était en mode famille, il était avec sa femme et ses deux enfants qu’il adorait.. Un putain de vide, voilà ce que j’ai ressenti à la mort de Manutension.

Ce featuring avec lui t’a-t-il apporté quelque chose en tant que musicien ?

Oui, clairement. Manu déstructurait, expérimentait, il allait loin parfois.

Comment qualifierais-tu son style ?

Punk ! -rires- C’était un punk qui faisait du dub. Il avait l’habitude de dire qu’il était conscious mais pas rightous et ça c’est un truc qui le définit bien aussi. Je me rappelle d’une fois, à la sortie d’un concert où il jouait dans le nord, il s’était engueulé avec un technicien. Le technicien commençait à mal lui parler et Manu a cité des mots de son père qui disait, en gros, que quoi que tu fasses dans la vie, quelle que soit ton opinion, quel que soit le chemin que tu choisis, montre-toi aimable avec les gens et sois poli, ça ne t’apportera que du bien. C’était une phrase de son père qu’il citait assez régulièrement et qui montrait le côté hyper humain de Manu. Après d’un point de vue strictement musical, pour une fois je trouve que le fait de dire qu’avec Manutension une figure historique de la musique française est décédée n’est pas usurpé. Manu et Improvisators Dub comme chacun le sait, sont des pionniers. Je ne dirai pas que Manu était leader d’ImproDub, puisque je n’aime pas cette expression, et lui non plus, mais il était hyper généreux sur scène comme ailleurs… Généreux est le mot que je retiendrai de lui.

Sans aucune transition, abordons à présent ton parcours, ton histoire.

J’ai fait des groupes de rock lorsque j’étais au lycée, jusqu’à ce que la grosse vague techno arrive en France à la fin des années 90.

Est-ce que tu as reçu une formation musicale ?

Oui, du piano.

A la fin des années 90 tu jouais donc dans des groupes ?

Oui, même bien avant. J’ai monté mon premier groupe de rock, aux alentours de 1993. Mon premier petit groupe j’étais en 3ème. A l’époque on faisait de la zique plutôt rock, moi j’étais au clavier, dans une formation où il n’y avait pas de bassiste, et où je faisais la basse d’une main et les accompagnements clavier de l’autre main. Il y avait un guitariste, un chanteur, et un batteur. Ensuite la vague techno est arrivée et je l’ai surkiffée, parce que pour une fois les gens aimaient bien voir un gars toucher des potards et triturer du son. Dans les groupes de rock, tout le monde matait le chanteur ou les guitaristes et le mec qui faisait des nappes de son on s’en foutait avant, alors qu’avec la techno, c’est devenu…  « à la mode ». On t’as mis des dj’s à la télé avec des gros plans sur des mecs qui tournaient des potards ou qui étaient en train de scratcher… Ca, quand c’est arrivé c’était un peu la cour de récré, et la musique électronique était tellement large !… Du coup j’ai commencé à faire de la « techno », j’avais plein de petites machines chez moi et un vieil Atari, sur lequel je jouais à Pacman –rires-… Dans le même temps, j’avais un pote qui montait un groupe de reggae et un jour je suis allé voir une de leurs répètes et en rentrant à mon studio, (j’étais en train de bosser un morceau techno, avec des gros beats), pour le délire, j’ai rajouté des skanks et une ligne de basse. Mon trip était juste de mélanger la musique de mon pote avec la mienne. J’ai mis ça sur cassette, je le revois deux jours après et je la lui mets dans l’autoradio, et lui disant que j’avais mélangé sa musique à la mienne et là mon pote éclate de rire en disant : « Voilà, tu fais du dub maintenant ! »

Tu ne t’en étais pas rendu compte ?

Je ne savais même pas ce que c’était ! – rires- Je ne connaissais rien du tout ! Je suis reparti de chez mon pote avec un album d’Improvisators Dub, Hybride, ou Dub & Mixture, un album de Zion Train, celui avec tous les noms d’animaux, un d’Iration Steppa, et trois jours après j’étais chez le disquaire reggae de Lille – qui s’appelait Dreadphonic- , en arrivant comme ça : « Bonjour je kiffe le dub mais je ne connais rien… ». Là le gars m’a vendu mes premiers 45 tours. Et en lui disant que je voulais faire du dub en live et que je recherchais des gens pour ca, il m’a donné un numéro à appeler, qui était un gars, Jean Gilles, qui est batteur et cramé de dub en me disant que nous devrions bien nous entendre. Avec ce gars nous sommes devenus hyper-potes et pendant une période, au tout début où je ne connaissais rien j’allais chez lui, il habitait chez sa mère à l’époque, et on passait des après-midi entières dans sa chambre. Il me sortait tous ses skeuds et me les jouait sur sa platine pendant que je roulais des buzzs. Il me racontait toute l’histoire du dub pendant des après-midi entières. « Là, c’est Iration Steppas : ils disent qu’ils font du dub de l’an 3000, là maintenant c’est Alpha et Omega… » Il m’a beaucoup appris.

Est-il ton mentor ?

Non, ce n’est pas mon mentor. Il n’aimerait pas que je le dise. Mais c’est lui qui m’a fait connaître la culture dub. Il s’appelle Selecta Move Dem. Et cette rencontre, c’était aux alentours de 98.

Tu es en quelque sorte l’incarnation de l’évolution du dub anglais ! Tu as vécu à ton insu l’évolution de la technique et de la façon dont on a adapté dans les années 90 l’esthétique et le schéma du reggae sur des machines comme des MPC.

Oui mais en même temps le dub vient du reggae et moi je suis venu au reggae par le dub. Je faisais du rock, ensuite la techno est arrivée, puis le dub.

Comme plein de musiciens français, ton parcours confirme que la pratique du reggae n’est pas « naturelle » : penses-tu que ce soit lié à l’appartenance sociale et culturelle ?

Oui, complètement : le reggae n’est pas la culture de base franco-française. La France, de Brassens à Noir Désir, est un pays de guitares.

Un peu comme en Angleterre finalement…

Exactement. Pour en revenir à Manutension, on dit souvent qu’il est le Dougie francais (Dougie Wardrop, de Bush Chemist et Conscious Sound, lire interview par ailleurs). Ces gars viennent de la scène punk. Je me rappelle qu’à l’époque où je n’avais pas le permis, un pote m’amenait dans les squats à Lille où on allait voir des concerts keupons, parce que j’aimais ça. Il y avait une petite salle à côté, où des gars jouaient du reggae où ils mettaient des vieux skas : c’était terrible ! J’aimais moins quand ça partait dancehall ou ragga. Là j’avais 16 ans, je n’avais pas le permis encore…

Mais as-tu toi-même pratiqué du reggae ?

Non, je n’ai jamais joué dans un groupe de reggae. Ça viendra peut-être un jour.

Il me semble quand même que tu as collaboré avec 10Dubians ?

Oui, j’ai déjà dépanné un peu.

Tu n’étais pas membre officiel ?

Ils m’ont proposé mais à cette époque je démarrais et je lançais le Weeding : je me consacrais à mon truc. Au départ c’était Tomaski, un dubber lillois qui était leur clavier. Quand il a arrêté ils m’ont appelé en me demandant si je pouvais les dépanner pour deux-trois dates. Du coup on a fait quelques répètes et des dates.

Tu as donc connu toute la période finale de 10Dubians ?

Ce n’est pas fini 10Dubians ! Loin de là ! Je viens même de leur prêter ma console : ils sont en train de mixer leur dernier album.

C’est donc à partir de cette période antérieure à ta collaboration avec les Dubians que tu as développé ton propre projet musical ?

Le jour où je suis allé voir mon pote et qu’il m’a fait découvrir ses skeuds, ça a vraiment été du jour au lendemain. Direct ça ma parlé.

Tu as été happé !

Grave ! Ce que j’aimais bien dans la zique électronique et que je retrouve dans le dub c’est que tu peux travailler le son, faire des grosses montées, et le côté grosse basse bien dansante j’aime ça ! En même temps, la techno sonnait un peu « froide » pour moi.

Peut-être n’est-ce pas la même vocation : l’une est peut-être plus dancefloor…

… il y a une Histoire ! Le dub c’est une musique de sufferer à la base. Ce n’est pas fait QUE pour danser.

Pourtant la techno subversive, la techno underground…

Tout à fait d’accord ! Mais je me retrouve carrément plus dans la techno des free-parties, porteuse d’un certain message, que dans la techno des clubs. Après je ne dénigre pas : la techno que je faisais n’était pas spécialement hardcore. Mais ce que j’ai aimé musicalement en découvrant le dub, par rapport à la techno, ce sont aussi les mélodies. Faire des lignes de basse, des lignes de cuivre, des harmonies… Dans la techno, c’est plus un travail sur le son que sur les mélodies.

Avec le recul, quels seraient tes modèles finalement ?

Au Nord : Tomaski. Au Sud : The Dub Machinist. En Angleterre: Iration Steppas, Vibronics, Dougie Wardrop, Maxia & Fluxy, qui sont pour moi les meilleurs producteurs avec l’incontournable Russ Disciples.

Le fait d’avoir joué avec les Dubians a dû te permettre quelques rencontres, mais ta proximité géographique avec l’Angleterre t’a-t-elle facilité les échanges avec ces artistes ?

Très honnêtement, il y a des gens avec qui j’ai pu travailler comme Tribesman ou Bush Doctor, des Anglais où la connexion a pu se faire par des potes que l’on avait en commun. Ils étaient venus en vacances en France, et je les ai rencontrés dans le Nord. Après je suis peut-être plus allé en soundsystem en Angleterre qu’un mec qui habite dans le Sud de la France.

Tu vas parfois à Londres ?

Oui, mais trop peu…

C’est ce que j’entendais par proximité… Mais au-delà des gens que tu as cités et des influences qui semblent plus ou moins évidentes, quels genres musicaux t’influencent, toi qui sembles avide de mélodies et de richesses harmoniques ?

J’ai baigné dans le rock lorsque j’étais ado. C’est un truc que je n’écoute plus trop (a part les excellents lillois de el-Gato) mais à l’époque ça le faisait bien. En ce moment, je redécouvre la Soul, le Funk : la musique « black » avec ce vieux grain. J’écoute aussi le jazz manouche, qui a accompagné mon enfance, le hip hop hardcore pour le message, la drumn’bass pour l’énergie, Beethoven, pour ses orchestrations de malade, et The Disciples pour « prendre des cours » -rires-…

Et en reggae ?

En matière de reggae, comme tout le monde Bob Marley. Et un peu comme tout le monde qui s’attarde sur les techniques de mix, Lee Perry et Scientist, même si tout le monde cite King Tubby comme roi du mix dub.

Comment se déroule ta collaboration avec le label Control Tower ?

C’est l’horreur, je ne peux pas les blairer ! -rires- Tu vas l’écrire ca ?

Oui, maintenant, c’est officiel !

Avec Sir Hill, de Control Tower, on s’est rencontré lors du mariage de Knarf&Maria, où tout le dub français était là à peu de choses prés. Je connaissais déjà ses premières sorties avec Uzinadub et lui connaissait mon premier album. On a bien sympathisé. Il se trouve que Sir Hill est quelqu’un que j’apprécie beaucoup humainement. Il a des vraies valeurs et un sens de l’éthique, « à l’ancienne  » qui me plait bien. Il dirige son label et il sait où il va. Quels que soient ses choix, que l’on aime ou pas, il se fixe une ligne directrice et il s’y tient. C’est un mec que je respecte beaucoup, et dont je sais pour l’avoir vu de mes yeux, qui est respecté par la scène.

Est-ce facile pour toi de sortir autant de productions sur des labels différents ? N’est-ce pas flatteur d’être autant sollicité ?

Tu sais, tel une dame de petite vertu je ne refuse aucune proposition…-rires-

De petite vertu : c’est vraiment réducteur ! Tu te sous-estimes ! T’as quand même une super carrière !

T’es gentil, mais je n’ai sorti que deux albums et trois maxis, il n’y a pas non plus de quoi…

Là où je veux en venir, c’est que d’être sollicité par des gens qui donnent autant d’eux-mêmes en s’impliquant dans leur projet, dans leur label, te font confiance. C’est bien qu’ils savent où ils vont ! C’est que tu es reconnu en tant que producteur !

Oui, je me doute que si l’on mise de l’argent,de l’énergie et du temps sur mes morceaux c’est que je ne dois pas non plus être un manche. Mais faut pas non plus s’enflammer : je connais quantité de gens qui ont grave du level et qui mériteraient tout autant d’être mis en avant.

La vérité, c’est qu’en 98, quand j’ai commencé à faire mes premières démos, je les ai données en cassette à tout le monde, des francais, des anglais….à tout le monde. Dés que je voyais quelqu’un qui faisait du dub, en fait. Et une fois, parmi tous ces gens-là, il y a Thierry de Sounds Around, en 2003 qui m’appelle : « Ok, j’ai écouté ta démo, si t’as autre chose : balance ! ». Je lui ai envoyé un cd, et il m’a dit qu’il était preneur pour un album, si je voulais. Il s’agissait de Steppactivism, en 2004. Le travail de Thierry Arnold comme « défricheur de talents » n’est plus à prouver…il n’y a qu’a regarder le catalogue de Sounds Around pour s’en convaincre. Pour le deuxième album, Sound Of Reality, on devait aussi le sortir sur Sounds Around mais ça n’a pas pu se faire. En discutant avec Sir Hill de Control Tower, je lui ai demandé si éventuellement ça l’intéresserait. Et honnêtement, je ne pensais pas que ça pourrait le faire, puisqu’il n’avait jusqu’à présent fait que du maxi, avec des producteurs comme Dub Machinist, I-tist, Musical Ben et j’en passe. Avec toute la scène bordelaise qui était là derrière lui, je pensais qu’il avait autre chose à faire que de me sortir. Au final, contre toute attente, il me rappelle deux jours après pour me dire qu’il était motiv’ et ça s’est fait ensuite très naturellement. Après, l’autre label dont tu parles, c’est Livication Corner, qui est un pote de Roubaix avec lequel on se connaît depuis 10 ans. On a plus ou moins commencé en même temps, on jouait à l’époque dans des petits bars à Lille. Il a monté son label qui a pour vocation principalement de faire émerger les dubbers et les activistes du Nord. C’est pour ça qu’il a sorti un Coptic Sound, que je recommande, un Tomaski qui est le vétéran du dub sur Lille avec Move Dem, dont je t’ai parlé, et pour la troisième sortie, il m’a demandé de faire un truc : on a sorti le Words of Life/Struggle for Creation.

Tu es donc très attaché à ce qui se passe chez toi dans le Nord ?

Forcément !

Tous se passe bien entre les différents protagonistes ?

Oui on est assez solidaire les uns des autres. Mais tu sais comme moi… Comme toutes les familles il y a parfois des histoires de famille, mais quand par exemple Coptic programme une soirée, on est là. Quand Livication sort un artiste, tout le monde est derrière…. La scène dub en France est composée de combien d’activistes ?

Allez 300, 400 personnes…

Quoi ! Moi je dirai 150 personnes…

Oui, mais il y a des convictions !

C’est clair mais en tous cas c’est pas énorme, on a vite fait de tous se connaître. A Lille, on est 20-25 personnes à kiffer le truc et à s’investir dedans. Untel a un studio, untel chante, untel organise des soirées…

D’accord, mais c’est délicat de délimiter précisément les contours de la scène. Il faudrait que l’on parle de l’esthétique du dub, car si t’élargis, le dub touche énormément de gens différents ! Sur Lyon, c’est considérable avec par exemple Jarring Effects , ensuite il y a des groupes comme Guns of Brixton ou Idem qui peuvent aussi être associés au mouvement mais qui sont tout sauf reggae… Il y a énormément d’acharnés, mais pour le dub dont nous traitons actuellement, je te fais confiance !

On n’est pas des masses, au final. On se croise sur des scènes, dans des studios, dans des soirées. Il y a une émulsion, un truc. Tu parlais des Dubians, ils enregistrent leur albums et ont besoin d’une console : je leur prête la mienne. L’autre jour à un festival, il me manquait un cable, Jérôme Coptic me prête le sien… Si on peut s’aider les uns les autres, on le fait, on s’entraide.

Mais pour toi, le fait d’être reconnu par tes sorties discographiques te facilite-t-il le fait d’être programmé en concert ?

Oui, évidemment. Après c’est un cercle vicieux. Les programmateurs veulent que tu aies des sorties pour que les gens aient envie de venir voir sur scène ce qu’ils ont entendu chez eux, et en même temps les mecs qui veulent te sortir un disque te répondent que ce serait bien que tu tournes pour aider à la promotion du disque. Mais oui c’est clair que le fait de sortir des disques aide à rencontrer le public dans les salles.

Cela a-t-il facilité les choses pour ta tournée européenne ? Peux-tu nous la relater ?

Et bien l’année dernière je suis parti vivre pendant un an du côté de chez Fredread – Webcam Hi-Fi-, vers Cahors, j’habitais à 3 km de sa maison en bois. Un jour que j’étais chez lui, on discutait, et Tom de Livication Corner m’appelle pour me dire qu’il devait programmer une soirée, 3 mois après, et qu’il voulait me faire venir. Mais comme je me trouvais dans le Sud, et que ça devait coûter cher en déplacement, je lui ai parlé de Webcam. A cette époque on bossait tous les deux beaucoup avec Humble I. J’ai donc dit à Tom Livication qu’il n’y avait que Webcam et son matos à mettre dans la voiture et qu’il aurait « deux concerts pour le prix d’un ». Il a accepté et on s’est mis, avec Fredread à chercher une date pour la veille ou pour le lendemain. Webcam a donc pris ses contacts, moi j’ai pris les miens et on a appelé un peu tout le monde. Au final il y a eu des réponses d’un peu partout et ça s’est monté comme ca, de fil en aiguille.

Vous avez donc tourné à partir de ce moment-là ?

Oui, la tournée a duré 3 mois. On a fait 25 dates dans 8 pays : la France, le Pays Basque, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Croatie, la Bulgarie et la Finlande.

Quel en est pour toi le temps fort ?

Personnellement, ça a été la Bulgarie où les gens ont été super accueillants. Ça a été une date particulière parce que c’était une des dernières de la tournée, Webcam était grave malade et Zion Uk, un chanteur anglais qui nous accompagnait aussi. Je me suis donc retrouvé tout seul en Bulgarie. Ce pays est génial ! Les gens sont super cool. La Finlande, aussi c’est hyper beau. On a passé 15 jours à Zestoa, au Pays Basque où on a rencontré des gens terribles ! C’était vraiment chanmé ! On a vécu avec 4 mecs dans un squat et qui font un quatuor vocal. Ils s’appellent les Zestones. Ils arrivent sur scène avec 4 micros et ils enquillent sur des riddims des harmonies de fou. J’espère d’ailleurs enregistrer avec eux bientôt.

Comment s’est passé ensuite le retour à la vie plus conventionnelle ?

15 jours de déprime et après ça allait -rires-.

Mais en temps que Weeding Dub, quels ont été les temps de ta carrière ?

Ca c’est une question qu’on ne m’a jamais posée ! -réflexion- Un jour j’ai fait une sieste avec Earl 16… J’ai aussi fait une battle de blague avec le bassiste de Lofofora…-rires-

Et qui a gagné ?

On a fait ex aequo !

Comment décides-tu les intervenants qui collaborent avec toi ?

Ce sont des rencontres humaines, à chaque fois.

Quelles sont tes méthodes de création ? Comment procèdes-tu ?

Il n’y a pas vraiment de méthode fixe. La seule chose que je me dis quand je vais au studio et que je n’ai rien, c’est : qu’est-ce que je veux mettre comme ambiance, comme sentiment dans ce morceau? Est-ce que j’ai envie d’un truc entraînant, dansant ou sautillant, ou d’un truc plutôt posé, ou de quelque chose qui puisse amener à une sorte de réflexion…

Du fait que tu sois muti-instrumentiste, quel est ton instrument de prédilection ?

Je ne suis pas multi-instumentiste ! Je ne sais faire que du clavier, mais mes instruments de prédilection sont d’abord la voix, puis ensuite le piano et les cuivres.

Et le melodica ?

Et bien quand j’ai découvert que ça existait, j’en ai acheté un et je ne regrette pas mon achat. On m’avait filé un album d’Augustus Pablo, et comme tout le monde, j’ai découvert cet instrument avec lui. Mais par contre il y a un instrument que j’aime beaucoup et que j’ai encore peu utilisé, c’est l’orgue. J’en ai un beau chez moi et je ne l’ai jamais mis à contribution. C’est un orgue véritable, avec une cabine Leslie à l’ancienne. C’est un instrument que j’aime beaucoup parce que quand j’ai commencé à acheter des synthés, à l’époque où je faisais de la techno, il y avait une grosse mode pour les synthés vintages. Il y avait un pote à mon père, qui était cramé de ces synthés qui avait chez lui tout un studio qui était une caverne d’Ali Baba. Il me vendait mes premiers synthés et me trouvait des trucs introuvables. Ce mec-là est passionné. Il connaît la moindre pièce et c’est un super organiste.

Le Jackie Mitoo de Lille ?

On pourrait dire ça. –rires- C’est un vrai killer.

Tu penses donc pouvoir faire intervenir de l’orgue dans ton son. Il va falloir que tu t’adaptes !

C’est parce que tu ne connais que mes sorties : tu ne connais pas mes autres trucs plus roots.

Parce que tu as d’autres projets en cours ?

Oui, bien sûr ! Je fais d’autres ziques avec des potes. L’autre coup on a fait du hip hop avec MC Oliva. Parfois je fais des morceaux avec Jonkanoo Music et avec un projet qui s’appelle Blackwax. Ce sont des projets plus expérimentaux, avec une musique plus urbaine, trip hop, hip hop, électro en tous cas des sons urbains.

Quelle est la part de la musique dans ta vie ?

C’est primordial… C’est mon quotidien. Et quand tu regardes, la musique c’est le seul art qui est présent dans toutes les étapes de la vie. Du baptême, au mariage jusqu’à l’enterrement, on n’imagine pas une seule de ces cérémonies sans musique. Par contre tu peux faire tout ça sans sculptures ou sans tableaux au mur, mais c’est le seul art présent dans la vie de tous les jours. Après, quelle part ça prend dans ma vie… Sûrement autant que dans la tienne…

Et bien je me demandais prosaïquement si tu ne fais que ça où si tu as d’autres pratiques…

J’ai la chance de pouvoir ne faire que ca aujourd’hui. Le reste, c’est l’Amour, l’Amitié, les rencontres, les idéaux…la vie quoi…

VERSION EXTENDED !

Romain accordait quelques temps plus tard un second entretien pour le fanzine Version, la voici dans son intégralité.

Réputé dans le monde entier au sein de la mouvance dub, Weeding Dub a multiplié les sorties vinyles sur différents labels depuis 2004. Avec comme marque de fabrique son esthétique « sound system » et une éthique underground irréprochable, Weeding Dub fédère désormais toutes les tendances du reggae actuel.

Et si l’on imagine le steppa-dub comme un édifice, il faudrait considérer son œuvre comme un mur porteur, son album Inna Digital Age comme une pierre angulaire.

Entretien avec ce bâtisseur du reggae, à la fois architecte et maitre d’œuvre.

Te serait-il possible, pour débuter cet entretien, de nous faire une petite présentation ?

J’arrive de Lille, je fais du dub depuis 10 ans maintenant. Mon terrain de jeux favori est le stepper. Mon premier album Steppactivism est sorti en 2004 sur le label parisien Sounds Around Records. Depuis cette date je produis des albums et des maxis notamment sur le label du nord Livication Corner pour les maxis, et aussi avec le label du sud-ouest Control Tower Records avec qui j’ai sorti en 2013 mon troisième et dernier album : Inna Digital Age.

Comment cet album a-t’il été reçu de la part de ton public ?

J’ai plutôt de bons retours pour l’instant. C’est un album qui laisse la part belle aux chanteurs et chanteuses puisqu’il n’y a pas moins de 7 intervenants différents sur cet album. Je suis aussi assez content de la production, notamment sur les dubs puisque j’ai fait des choses que je n’avais pas encore faites jusqu’à présent, donc je suis satisfait par rapport à ça.

Tu produis donc toi-même dans ton propre studio ?

C’est ça. Je fais appel à des musiciens pour certains instruments que je ne sais pas jouer, comme la guitare ou les cuivres et je fais évidemment appel à des chanteurs d’horizons assez divers, qu’ils soient français ou étrangers. Par exemple, Diana Levi qui est présente sur cet album, est polonaise.

S’agit-il de rencontres par le biais d’internet ou alors bien réelles ?

Et bien dans le cas de Diana Levi, elle était présente en France et elle est venue deux jours à la maison. Elle a passé deux jours au studio. Des gens comme Echo Ranks ou Madu qui sont aussi présents sur l’album sont des gens avec qui on se croise sur scène depuis pas mal d’années et avec qui on s’entend bien. Les Fu Steps, pour le coup, on s’est beaucoup côtoyés puisqu’on a tourné toute la saison dernière ensemble. Le morceau Rootikal Road est un peu le souvenir de cette collaboration. Et Little R est un chanteur lillois, activiste de longue date, qui se pose en mode rub a dub sur le titre Believe in YRSLF.

Toujours à propos de cet album, peux-tu nous parler s’il te plaît du track avec Inja ?

Ce morceau Judgement est un remix que j’ai fait du morceau de Dj Edsik, qui est un producteur drumn’bass, grime et trap, basé à Roubaix. Il avait enregistré un morceau avec Inja dont la version originale est disponible sur internet (www.alouettestreet.fr). Cela fait longtemps que l’on se connaît et que l’on voulait faire quelque chose ensemble. Il m’a proposé différents morceaux à remixer et j’ai choisi l’à capella de Inja pour rebroder au-dessus un stepper façon an 3000.

Un stepper grime ! Il faut signaler que ce morceau qui a fait fureur en sound system a été sorti par le label Dubquake Records, qui est drivé par OBF. Quelles sont selon toi les composantes du dub-music, d’une manière générale ?

Il existe 3 manières, en gros, de jouer du dub : la manière sound system, où on va passer des disques et animer toute une soirée. Il y a aussi la manière de la jouer en groupe, comme l’ont beaucoup fait les membres de la scène dub française des années 90. Je pense à Improvisators Dub, Zenzile ou High Tone entre autres, et il y a une manière hybride, que je propose en live (mais je suis loin d’être le seul) c’est le live machine où on vient jouer ses morceaux et où on vient les mixer en live sur scène, un peu comme si on venait transposer un mini-studio sur scène pour construire les morceaux en direct. A mon sens tout l’intérêt du live machine est là, celui de pouvoir, sur le même morceau, faire des mixes tantôt très rapides, tantôt très lents, tantôt faire des mixes très sombres, très agressifs, tantôt faire des mixes un peu plus longs… En live, à part dub d’un morceau, son mix, reflète l’humeur, l’ambiance du moment.

Donc finalement pour toi chaque live-act et différent ?

Exactement ! Et c’est même tout l’intérêt !

Comme nous évoquions les groupes des années 90, quelles différences fais-tu entre la scène que tu as connue à tes débuts et la scène dub actuelle ?

Entre les 90’s et maintenant, la scène a beaucoup évolué en France. Dans ces année-là elle était représentée par les groupes que j’ai précédemment cité, qui mélangeaient des influences dub avec du rock, de l’électro, des musiques dites « ethniques »… Ensuite est arrivée la vague du sound system dub qui est plus celle qui me correspond. C’est peut-être un dub un peu moins métissé que celui joué par ces groupes. Plus proches du dub originel, dans l’esprit du reggae en tous cas. Ma musique, même si elle est très digitale, n’en reste pas moins du reggae. Je n’ai pas la prétention de faire de la musique électronique, mais du reggae, même si c’est parfois avec des sons très digitaux, très « électroniques ».

Et du point de vue des protagonistes, relèves-tu des différences ou penses-tu qu’il est identique à celui du début ?

Je pense que l’on retrouve aujourd’hui un bon état d’esprit, beaucoup de connections dans la scène dub française, à l’image de ce qu’était peut-être le rock indé des années 80. Les nombreux invités, featurings, que l’on retrouve sur les albums des uns des autres en témoignent par exemple.

Quel sentiment as-tu ressenti lorsque l’un de tes tunes a été joué par Jah Shaka ?

Une grande fierté bien sûr ! C’est Jah Shaka quand même! LA référence pour moi! Le fait d’être joué par Shaka, Abba Shanti, Iration Steppas ou Vibronics, qui sont des gens qui, chacun à leur manière, sont des piliers de notre scène actuellement… c’est une grande fierté, c’est une grande reconnaissance. A défaut d’avoir fait le Stade de France, j’ai fait le stade de Shaka, et ça me va bien! (rires)

Où es-tu le plus a l’aise ? Dans une configuration de concert ou de sound system ? As-tu une ambiance de prédilection ?

J’aime bien les deux ! C’est vrai que le sound system, c’est là d’où je viens et donc quand on est en petite jauge, au sol avec un son de qualité et des gens présents, c’est très interactif. Sur scène c’est autre chose, on présente plus un concert et les mixes sont souvent bien moins dub qu’ils peuvent l’être en sound system, mais sans doute plus variés avec plus un aspect concert. Ce sont deux approches différentes mais le fait d’avoir un live machine permet vraiment de s’adapter, que ce soit en sound system, sur scène, en début d’après-midi ou en fin de nuit. Ce sont différentes ambiances, mais je ne saurais pas dire si j’en ai une de prédilection. Ce sont deux choses que j’aime vraiment !

Quel plaisir tires-tu de jouer du mélodica au cours de tes sets live ? Quelle sensation cela te procure-t-il de jouer un instrument en live en plus de ta configuration de live ?

C’est vrai que c’est pour moi une respiration dans le concert dans le sens ou je n’ai plus à m’occuper du mix. Pour le coup le morceau est pré-mixé pour que je puisse me concentrer sur le mélodica. C’est un aspect que j’aime bien qui permet plein d’improvisations comme on peut le faire aussi au cours d’un mix sur console. Mais c’est vrai que ça a un côté plus « léger ». Et puis ca rappelle aussi que « Dub is Reggae & Reggae is Dub ». C’est important.

Avec Shaky Norman, tu es certainement un des musiciens emblématiques de cet instrument en France ?

Euh…je ne sais pas.. mais en tous cas j’aime en jouer !

On a évoqué les mc’s en début d’entretien : quels sont ceux qui t’ont le plus marqué au cours de tes nombreuses collaborations ?

Je n’ai pas de nom qui ressort particulièrement. Ce que je sais c’est que chacun d’entre eux m’a apporté quelque chose. Humble I par exemple est vraiment l’entertainer né, quelqu’un qui aime beaucoup être sur scène et faire participer les gens. C’est quelqu’un qui arrive avec une dose de bonnes vibes. Dans un tout autre style, I-Tist aussi donne énormément sur scène. Il a beaucoup de capacités au micro. C’est un grand plaisir ! Il y a aussi Mc Oliva de Blackboard Jungle avec qui j’ai tourné pendant quelques années en France et à l’étranger et avec qui je suis resté très complice. Robo Ranking aussi, une vieille connaissance du Nord… Les Fu-Steps par exemple amènent beaucoup de mélodies. Le fait de chanter à deux et d’avoir l’habitude d’être ensemble, amène une belle complicité. Ils se complètent, et il y a beaucoup de questions-réponses. C’est très plaisant de jouer avec eux. Je n‘ai donc pas de nom qui ressort, mais ils ont chacun une spécificité bien appréciable sur scène

Pourrais-tu nous relater une anecdote ultime, un souvenir de dingue ?

Comme le concert aux 60 heures de route ? (rires) On a joué au Pérou en 2013, et, arrivés là-bas, on a fait un long périple pour aller jouer dans un village situé tout au bord de la Cordillère des Andes, un endroit et un village magnifique perdu au bord des montagnes dont il a fallu 11 heures de bus pour arriver depuis Lima, la capitale. C’était à l’invitation de Monsieur Zèbre, un activiste franco-péruvien, qui nous avait fait venir avec les Fu Steps dans un festival. Faire tout ce chemin pour une date était assez de fou, comme le site et l’accueil des gens ! Les techniciens de scènes péruviens m’avaient prévenu que les 1000 à 2000 personnes présentes pourraient s’en aller puisqu’ils n’avaient jamais entendu de dub. Ils m’ont en gros demandé d’y aller mollo, et on avait une certaine appréhension puisqu’on ne savait pas quel accueil les Péruviens allaient nous réserver. Au final, ça c’est très bien passé, jusqu’à la fin du concert, même si on a pu voir qu’effectivement certains titres un peu « hardcore » passaient un peu plus difficilement. Ca a été une date assez dingue… Peru is Magic!

Pour conclure, quels sont tes projets à venir ?

J’ai terminé un titre avec Little R Freedom, qui sort sous peu sur le nouveau label Steppadict Records, de Lille. J’adore ce track, pas du tout stepper pour le coup mais full of vibes ! Je travaille en ce moment sur un projet de mix avec Dawa HiFi. On va sortir un maxi ensemble sur le label Skank Lab, de Lille, qui en est à sa troisième release. Il y aura, sur une face, un morceau de Dawa Hifi que je vais mixer, et sur l’autre face un de mes morceau qui sera mixé par Dawa HiFi. Voilà dans l’immédiat. Et bien sûr d’autres projets de maxis avec Control Tower et Livication Corner, les deux labels qui me suivent depuis le départ…

Quel est le concept de cet album ? Quel est le sens de son artwork ?

Depuis la nuit des temps, l’humanité a traversé plusieurs époques importantes. De l’âge de pierre à l’âge de fer, on est arrivé à l’âge du digital aujourd’hui. Tout est maintenant digital. Nos musiques, nos photos, nos souvenirs, nos vies : tout est aujourd’hui digitalisé. Pour le meilleur et pour le pire. J’ai des photos de mes parents à mon âge, je peux écouter leur musique sur des vyniles. Nos enfants pourront ils seulement avoir accès aux souvenirs de vie de leurs parents ? Toutes nos photos digitalisées, nos milliers de vidéos que l’on poste chaque jour, ces CD ou MP3… Seront-ils seulement encore lisibles dans 30 ans? Et du coup que restera-t-il, de manière générale, comme témoignages du passé dans une ou deux générations? Le digital a complètement changé notre rapport au monde, aux autres. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, par exemple, on passe plus de temps à regarder nos écrans de téléphone dans le métro, que les jolis yeux de notre voisine, c’est quand même con, non? Combien de fois voit-on quelqu’un vivre un bon moment, une soirée, une sortie en nature, un repas entre potes, et qui passe ce bon moment à raconter sur son téléphone à quel point il passe un bon moment. Comme si il fallait nourrir tout de suite, très vite, immédiatement, notre vie digitale. Aujourd’hui, grâce à internet, aux smartphones, on a des amis dans le monde entier, à qui on raconte tout ce qu’on fait, alors qu’on doit organiser des « fêtes des voisins » pour faire connaissance de celui qui habite sur notre palier… La digitalisation du monde nous apporte beaucoup de connaissances, d’outils formidables, d’interactions inimaginables par le passé, mais que restera-t-il de tout ça dans quelques années? Tous ces « 1 » et ces « 0 » avec lesquels on vit et que personne ne maitrise vraiment. Welcome Inna Digital Age !

Quels sont tes goûts en matière de reggae ?

J’écoute principalement du reggae roots. Pas de dancehall ou ragga : conscious music !

Et tes producteurs préférés en UK-dub ?

Sans hésitation: Russ Disciples. Ses productions ont participé pour beaucoup à mon éducation musicale. QUEL SON ! Le seul qui s’en approche, à mon goût, est le Hollandais Dub Creator. Dans un autre genre, Steve Vibronics est quelqu’un que je respecte beaucoup. La diversité de ses productions, son engagement dans la scène, sa légendaire sympathie, tout ça impose le respect. Moins connus peut-être, les producteurs Dread & Fred, de Londres, ont un son lourd que j’aime bien aussi.

Existe-t-il des artistes avec lesquels tu rêverais de collaborer ?

Oh oui, plein! Quand on fait du dub, on cherche, on expérimente. Pour ma part ça passe, entre autres, par vouloir inviter des chanteurs ou instrumentistes pas forcément issus du reggae. Mon prochain album présentera certaines de ces collaborations.

Laisser un commentaire

Tendances