Une bande de crevards…c’est tout ce que sont ces bons à rien de Svinkels ! Des charlots quoi, oui, mais des charlots qui font se remuer les foules, et dont tous les White Trash connaissent par coeur les refrains. Allez Gérard Baste dis-nous pourquoi le Svink’, c’est chic…

Première question, ça va la santé ?

Gérard Baste : Oh moyen, on fait comme on peu… Qu’est ce-que tu veux dire, j’ai eu un infarctus…Ouai, ça va super bien la santé ! En gros, t’as un problème. Pendant trois mois tu flippes, après tu fais : “Oh, ben ça va en fait, j’en ai rien à foutre”. Après tu fais : “Je vais quand même faire un petit peu attention !”. Tu vois, je suis sur scène, je fais des concerts, j’ai arrêté de fumer, j’ai du souffle, je kiffe…Ouai, ça va la santé!

Et puis t’es à fond sur scène !

GB : Ouai ouai, y’a pas de problème…Mais j’ai pas le droit de jouer trop-trop longtemps quand même.

Dj Pone : Gerard Baste, il est encore là !

Elle vient d’où votre inspiration ? Etiez-vous déjà dans la zique avant de fonder Svinkels ?

GB : Moi si tu veux, j’adorais la musique, mais je pensais pas du tout en faire, je pensais faire du dessin… Finalement, je me suis rendu compte que faire du dessin, t’es tout seul, c’est chiant. Quand on a monté le groupe, je me suis rendu compte que faire un truc à plusieurs, ça tuait et que c’était plus dur de faire un truc tout seul dans sa chambre. Faire de la musique, j’avais pas prévu de le faire mais je me suis révélé là-dedans en me disant, “merde, c’est trop génial !” Nikus Pokus, lui il faisait de la musique depuis tout petit, du piano, etc… Après il a un peu lâché l’affaire en se disant, “je sais pas trop ce que j’ai envie de faire dans la vie, je vais faire de l’Histoire…” Et lui pareil, il s’est remis à écrire.

Et vous êtes potes depuis longtemps ?

GB : Depuis en gros le lycée, depuis qu’on a 17-18 ans…Et, il  s’est remis à écrire, il a trouvé des trucs. Et quand il s’est dit “Merde, je rappe bien, je vais reprendre la musique pour faire la musique de mes raps.”, après on a acheté du matos ensemble et on a commencé à faire des instrus pour Svinkels. Et lui Xavier (Xanax est posé au fond d’un canap, à la gauche de Gérard Baste) par contre, c’est que lui il était dans des groupes avant. Depuis qu’il était gamin… A 2 ans il avait un groupe de Soul !

Sérieux ?

GB : Ben, ils étaient trois bébés – tout le monde s’esclaffe- c’était Xanax and The Supremes ! Il y avait lui devant et deux autres qui dansaient derrière.

Pourquoi il est si fort Pone ?

Dj Pone : Parce-que j’ai ‘eu bossé’…

GB : Parce-que c’est un bourreau de travail.

Tu vis quand même pas que sur tes acquis ?

Dj Pone : Si, un peu.

Gérard Baste, à Pone : Tu considères un peu ta discipline comme un sport !

Dj Pone : Il y a plein de gars qui sont plus forts que moi .

GB : Ouai, il y’en a qui sont plus forts, mais ils ont des plus petites bites. (rires)

Comment êtes vous perçus par le public hip-hop underground, les radicaux ?

Dj Pone : De mieux en mieux.

Gérard Baste : Justement, si tu parles de l’underground, il y a pas de problèmes. Même si tu parles des commerciaux… il y a pas de problèmes non plus, forcément, on en connait pas beaucoup. Les rappeurs ont toujours cru qu’on était bizarres, mais ils ont toujours reconnu quand même qu’on se débrouillait un petit peu. A chaque rencontre ça se passe bien, ils se disent en fait Svinkels c’est un bon groupe. On en rencontre pas souvent comme Sages Poêtes de la Rue, Triptik et tous les gars avec lesquels on a bossé.

Et avec TTC, ça le fait ?

GB : Grave. on vient du même truc. Là, on sort un album ensemble : ce sera un album ‘Svinkels-TTC-Triptik’, tout le monde mélangé. Mais pas une mixtape, tout le monde mélangé sur tous les morceaux…

Vos affinités sont-elles plutôt rap ou plutôt punk?

Dj Pone : Rap !

Gérard Baste : Rap, malgré qu’on puisse s’éclater avec certain Keupons, comme Parabellum. Mais Parabellum s’est presque l’exception qui confirme la règle. On kiffe les musiciens : les musiciens punks sont des gars sérieux. Mais on ne kiffe pas spécialement les punks à chiens ou les rappeurs de cité qui nous font chier. C’est la même chose tu vois. Nous on kiffe les gens qui sont à fond dans leur truc, dans leurs passions.

Quand vous passez une soirée pareille, avec un public super chaud, pensez-vous que vous puissiez être représentatifs d’un public, d’une espèce de White Trash français ?

Dj Pone : Malheureusement, oui…

GB : On l’a fait exprès. Ca on le savait. C’est-à-dire qu’en parlant de notre mode de vie, on savait que des gens allaient s’y reconnaître aussi. L’idée c’est que les gens se reconnaissent, quoi qu’on fasse, ils se reconnaissent dedans. Des fois, ça nous dépasse, quand certains punks dégueulasses sautent sur scène, qu’ils font sauter les disques…

Dj Pone : Ou quand on arrive dans une ville, et qu’un mec arrive en nous disant: “Tiens, buvez un coup d’absynthe, mettez-vous la race!”.  Des fois ça nous dépasse parce que les gars ne voient plus la frontière entre ce qu’on dit et ce qu’on fait, et que sur scène il ne faut pas qu’on soit fonce-dé : le show est répété préparé. Les gars ont envie qu’on se mette la race avec eux juste après alors que nous, on  doit repartir …

D’un point de vue politique, vous sentez-vous engagé et justement représentatif de ces gens là ?

GB : De la même façon, on sait très bien qu’en gros, on pense la même chose que notre public. On sait très bien qu’on prêche à des convertis quand on fait des morceaux politiques.

DJ Pone : “Nique le FN”, on sait très bien que tous les gars qui nous écoute…

GB :…en même temps, on a fait des concerts de Matmahtah en première partie, c’était limite…Je rigole, mais si tu veux, l’idée, c’est qu’on dit des trucs pour que les gens s’y reconnaissent, que ça les motive, etc… On a pas inventé la poudre, mais on fait des trucs pour que les gens s’y reconnaissent. Ils nous le rendent, on leur rend…

Dj Pone, en hurlant : Faire l’amour avec le public tu comprends !

GB: Exactement, c’est pour ça qu’on se roule des pelles avec le public !

Le mot de la fin : « Comment ça ça sert à rien ?« 

GB : Ca sert à rien !

Interview réalisée au festival de Lamastre en Scène, vendredi 23 juillet 2004.

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