« I will stand up and fight again ! Sir Jean, charismatique chanteur de Meï Teï Shô a apporté une contribution sans égale à l’underground français. En ayant collaboré à certaines des productions majeures d’Ez3kiel, de Zenzile, de Jmpz, de Grosso Gadgetto et du Peuple de l’Herbe, Sir Jean peut faire figure de pa rangon de la scène électro-dub. Origi naire du Sénégal, il a assimilé les cultures qu’il a côtoyées pour les adap ter à son attitude comme à ses lyrics. C’est ainsi que sa profonde humanité, ses prises de position, sa lucidité et sa clairvoyance politique font ainsi de lui un Mc subtile, qui, en observateur avisé de notre époque, incarne en quelque sorte l’archétype d’une culture globalisée, libre et idéale. Cet esprit vif et ori ginal n’en est pas moins un monstre scénique, capable, sans démagogie et avec bon sens, de conquérir et d’enflammer le public
I will stand up and fight again ! Sir Jean, charismatique chanteur de Meï Teï Shô a apporté une contribution sans égale à l’underground français. En ayant collaboré à certaines des productions majeures d’Ez3kiel, de Zenzile, de Jmpz, de Grosso Gadgetto et du Peuple de l’Herbe, Sir Jean peut faire figure de parangon de la scène électro-dub. Originaire du Sénégal, il a assimilé les cultures qu’il a côtoyées pour les adapter à son attitude comme à ses lyrics.
C’est ainsi que sa profonde humanité, ses prises de position, sa lucidité et sa clairvoyance politique font ainsi de lui un Mc subtile, qui, en observateur avisé de notre époque, incarne en quelque sorte l’archétype d’une culture globalisée, libre et idéale. Cet esprit vif et original n’en est pas moins un monstre scénique, capable, sans démagogie et avec bon sens, de conquérir et d’enflammer le public.
Sur le dernier album du Peuple de l’herbe, tu es accrédité sur le morceau Judge Not, alors que tu intervenais déjà sur PH Test figurant sur le premier album. Quelle est ta part d’engagement dans le processus créatif du groupe ?
Je suis un électron libre du Peuple de l’herbe, ce sont des gens que je connais depuis la forme embryonnaire du groupe, lorsque c’était Pee et Stani. Je les connaissais parce qu’à la base je jouais dans les Crazy Skankers et on se croisait. Quand ils ont voulu sortir leur premier maxi ils m’ont demandé de faire un morceau avec eux : le Ph Theme. Quand on se croisait à Lyon, quand on avait l’occasion j’allais la chanter avec eux sur scène. Et il y a deux ans on a fait une tournée ensemble avec High Tone, le Peuple et Meï Teï Shô. C’était l‘occasion de se retrouver tous les soirs sur scène et de la refaire. Ils m’ont réinvité sur le dernier album pour faire le morceau Judge not et c’est un peu une continuation qui se concrétise avec cette tournée où je suis avec eux. Je n’avais jamais vraiment tourné avec eux.
Ne serait-ce pas une sorte de featuring à 10 ans d’intervalle ?
Voilà, c’est un retour aux sources. La boucle se boucle. C’est une continuation car on est là depuis longtemps, chacun à faire des trucs de notre côté. On est des représentants de la scène lyonnaise et quand on arrive à faire des choses, comme la tournée de 2 mois en Europe, c’est tout bon ! On continue à échanger dans le domaine qui nous intéresse le plus : la musique, et un certain parti pris dans la façon de faire et de l’aborder. Rester authentiques, et faire ce qu’on a à faire entre nous. Je pense que eux peuvent maintenant faire des featurings juste pour le nom. Ils m’ont demandé à moi et je le fais avec honneur, et avec plaisir !
Comment expliques-tu que vous soyez autant de représentants de la scène lyonnaise. Pourquoi une telle créativité s’exerce-t-elle là-bas ?
Je ne saurai pas vraiment t’expliquer , il n’y a pas de théorie en soi. Mais je pense qu’il y a une émulation du fait que les groupes qui ont commencé il y a 10-15 ans comme High Tone, Kaly ou le Peuple de l’herbe, certains ont arrêté, mais ceux qui ont tenu, qui ont continué à faire leur truc sans baisser leur culotte, ou, d’une façon ou d’une autre vendre leur âme, ont prouvé à ceux qui suivaient derrière que c’était possible par eux-mêmes. Je pense que ça a dû créer une certaine émulation mais après je ne saurai pas l’expliquer. Quand on parle de cette scène-là, en même temps il n’y a pas un seul endroit où ça se passe. Ce sont tous les groupes lyonnais qui sortent de Lyon pour aller faire vivre leur musique et leur nom, partager leur univers avec d’autres personnes. Mais sur Lyon en soit, Le Peuple a son studio, qu’ils ouvrent à d’autres groupes, à d’autres projets musicaux. High Tone est toujours chez Jarring : tout le monde travaille et tout le monde crée quelque chose. Chaque année tout le monde a quelque chose à montrer aux autres. Ca entretient le truc, ça le fait vivre, mais en soi il n’y a pas une espèce de communauté enfermée dans une maison et qui travaille à créer des choses.
Mais l’état d’esprit est bel et bien présent ?
Oui, tout le monde est solidaire. On se prête le studio, on se prête du matériel, le Peuple avec Supadope sortent une compile sur laquelle ils font découvrir des groupes émergents, ou des individualités qui ont quelque chose à dire et qui sont à fond dans la musique. Il y a un enchevêtrement de tout. On se connaît tous depuis des années et on est au courant de ce que chacun va faire . On soutient les projets des uns et des autres. On se tient au courant et on est en contact.
Vu d’ici il y a quelque chose de palpable dans le sens où le public lyonnais est complètement fervent. Il y a une espèce d’homogénéité artistique. Lyon semble être la seule métropole où vraiment il y a un tel fourmillement musical indépendant. Cette explosion semble s’être focalisée à Lyon, mais pas à Bordeaux, Paris ou Marseille…
Ce qui est aussi indéniable, c’est l’influence de Jarring Effects. C’est un label qui en quelques années au-delà de tous les problèmes de finance ou autres ont montré que l’on pouvait faire de la musique avec une certaine éthique, en tous cas en restant soi-même et je pense que ce qui motive un peu tout le monde c’est de faire quelque chose qui nous ressemble et qui ne ressemble à personne d’autre. Et pas de faire un truc qui soit mainstream, dans la hype. Mais de créer des choses, de fabriquer du début à la fin. Il y a des infographes, des musiciens, des vidéastes, et tous ces gens-là se retrouvent à un moment donné dans des projets qui prennent vie. Chacun a quelque chose à exprimer, comme toi qui fais ton fanzine, et demain si tu veux le mettre sur le net, forcément, faudra des gens qui soient autour de toi parce qu’il y a des étapes que tu ne pourras pas passer tout seul non plus. Et au bout d’un moment, cela crée une zone d’énergie !
Peux-tu nous rappeler quelles furent tes collaborations, et où tu en es précisément à l’heure actuelle ?
Mes featurings ? Le premier, à proprement parler, c’était avec Le Peuple.
Et Crazy Skankers ?
C’est un groupe dans lequel j’étais à part entière ; c’est un groupe que j’ai fait pendant 7-8 ans. On a tourné un peu partout en France, en Suisse, en Allemagne, on a fait du chemin. C’était plus qu’un featuring ! Il y a eu d’autres trucs aussi, plus sur scène. Après ça a pris avec Zenzile, avec qui j’ai bossé pendant presque 6 ans. J’étais sur tous leurs derniers albums. Il y a eu Ez3kiel, avec qui j’ai bossé sur un album avec un morceau qui a pas mal marché. On l’a joué pendant quelques années : les gens l’aimaient bien et le demandaient ! Après il y a Meï Teï Shô que j’ai fait aussi pendant 8 ans et dans lequel j’étais à part entière, jusqu’à ce que chacun prennent des chemins différents. Et là je continue des projets, comme Dokhandeme, un projet qu’on avait avec le guitariste de Meï Teï Shô et qui devient un groupe à part entière. A côté de ça j’ai aussi des envies perso à concrétiser. J’ai envie de poser un album reggae sur lequel je bosse, et je participe aussi sur le projet plutôt world, blues et afro de ma femme.
Peux-tu nous redonner tes différent blazes, tes différents pseudonymes ?
J’en oubliais un avec Grosso Gadgetto, que j’ai signé sous le nom de « Primureb », comme j’ai fais avec Ez3kiel. Beaucoup de gens ne faisaient pas le rapprochement au départ. C’est un nom que je n’utilise pas beaucoup. Le principal est évidemment Sir Jean !
Que signifie Primureb ?
La voix de la colère, en manjak qui est ma langue natale. Ce nom personne ne le connaît. Je signe juste avec les initiales. Quand on me demande de dédicacer des disques, je signe PUR enveloppé d’un cœur. Plein de gens ne savent pas pourquoi mais c’est ce nom qui se retrouve dedans. Les gens me disent : « wouah, tu fais des petits cœurs, mais c’est tout un contenu. J’aurai le temps d’expliquer tout ça dans mes travaux futurs.
Qu’est-il advenu de Meï Teï Shô ? Et si c’est terminé, quels furent pour toi les temps forts ?
Terminé non, parce que le bassiste et le batteur continuent le groupe sous le même nom
C’est fâcheux !
C’est la vie d’un groupe, après on ne va pas rentrer dans les détails. On a travaillé ensemble pendant 8 ans, on a fait de la route ensemble, mais arrivé un moment où on ne peut pas être d’accord sur tout. Moi personnellement j’ai fait le choix de ne plus être dans le groupe.
Ca fait longtemps ?
Ca fait 2 ans
Et au niveau des temps forts, quels souvenirs te viennent spontanément ?
Il y en a beaucoup ! Mais l’un des temps forts pour moi est l’un des concerts qu’on a fait a Sarajevo, sur le Lyon Calling tour, avec High Tone et Le peuple de l’herbe. T’arrives dans un endroit où il y a rien, les décors, la scène sont montés et le soir les jeunes de Sarajevo ne demandaient que ça qu’on leur amène de la musique, des vibes qui viennent d’ailleurs ! C’était bondé et c’est un des concerts les plus vivants que j’ai fais, dans un endroit qui était encore marqué par la guerre. C’était dans un ancien entrepôt en ruine.
As-tu ressentis quelque chose de particulier par rapport aux tensions raciales ?
Non, avec Meï Teï Shô j’avais l’habitude sur un morceau qui s’appelait Algeria de faire chanter « peace & love » à tout le monde. Mais ce jour-là, le « peace & love » tu le sentais encore plus fort que partout ailleurs. Pour la plupart c’était des gamins qui avaient grandi dans la guerre et qui en sortaient traumatisés. Ils ont envie d’autre chose, de vivre ! Ils ont envie de mordre dans la vie à pleines dents, de voir autre chose, de sortir ! Ils ont envie de voir l’Europe dont on leur parle tant et dont ils se sentent emprisonnés puisqu’ils ne sont pas européens. Sans papiers ils ne peuvent pas sortir de chez eux et il faut un visa pour aller dans le moindre pays limitrophe. Donc voir un groupe français qui débarque…
Pourquoi êtes-vous allés là-bas ?
On vient à votre rencontre, on vient donner ce que l’on à donner. On donne et tu reçois ! Joie de donner, plaisir de recevoir comme on dit ! Là, on est plus dans les superlatifs et autres mais on est dans le vif du sujet. Etre au milieu de ruines, et de voir encore des impacts de balles sur les murs, en voyant là des choses qui font baisser la côte de l’être humain. Et pouvoir réunir en un concert de musique, réunir pendant 3 heures des gens sous le même slogan, c’est très fort… Après des souvenirs, il y a en a plein pendant d’autres concerts. Des rigolades comme des mauvais coups. Des voyages, comme au Brésil, ou en Egypte qu’on avait fais avec Ganoub. Ce sont des choses qui marquent. Quand on est allés en Egypte, ça faisait 12 ans que j’étais en France et que je n’étais pas encore retourné en Afrique. Y retourner par le biais de la musique, pour moi, en tant qu’Africain, ça a une valeur très forte. C’est retourner au berceau ! Et d’habiter à 3 km à vol d’oiseau des pyramides de Gisey, de monter sur le toit de la maison et de les apercevoir, c’est des trucs inoubliables !
Et artistiquement, éprouves-tu une fierté particulière a avoir évolué dans Meï Teï Shô ?
Oui, je dirai que j’en tire un certain bénéfice moral, mais je n’agite pas de pancarte pour rappeler que j’étais le chanteur de Meï Teï Shô ! J’ai vécu une vie d’aventures extraordinaires, musicalement comme humainement, pendant 8 ans. Quand on a commencé, il y a beaucoup de gens qui ne donnaient pas cher de notre peau, qui disaient que c’était un peu du n’importe quoi. On a réussi à trouver notre rythme et une façon de faire notre musique, une entente musicale que l’on a essayé de traduire sur scène sur chaque concert avec l’énergie et les émotions que l’on donnait. Quand j’y pense, je me dis que l’on a fait un bon bout de route. On a écrit notre petit chapitre dans le grand livre de l’histoire de ma musique, et ça c’est un plaisir !
Vous aviez ouvert une voie musicale ?
Cette voie a déjà été ouverte et défrichée par d’autres. La fierté c’est d’avoir défriché notre petite part de route. On a fait quelques pas qui permettent à d’autres de suivre nos empreintes, et de s’ouvrir leur chemin. Avoir amené cette façon de faire sur scène et de l’avoir fait adopter par un public, parce que finalement on commençait à avoir un petit public, que l’on retrouvait d’un concert sur l’autre. C’est une fierté ! Et avoir des enregistrements qui sont là pour fixer ça un peu dans le temps, je pourrai dire à mes petits-enfants quand ils commenceront à faire les malins : « Attendez, nous on a fait des choses dans le temps ! » C’est donc une certaine fierté, un certain plaisir d’avoir fait ça !
Tu as l’air un peu désabusé, ressens-tu une frustration ?
S’il y a une frustration, elle sera plus du domaine humain.
Tu as une rancoeur particulière ?
Non, j’essaie de ne pas développer ce genre de sentiments un peu négatifs dans le sens où je ne rejette rien de ce qu’il s’est passé dans ce que j’ai fait dans Meï Teï Shô. Tout, ce qui a été bon comme ce qui a été mauvais, parce que ça m’a appris sur moi, comme ça m’a appris sur les autres aussi. Après une vie en commun c’est complexe. Tu ne peux pas rejeter la faute sur l’un ou l’autre. Moi je dis toujours que l’on s’accompagne jusque là où l’on peut, et quand ce n’est plus possible, et -silence- ce n’est plus possible, chacun part suivre son chemin ! Mais je ne peux pas cracher sur ce que j’ai fait.
Cet état de fait est-il facile à assumer ?
C’est ça que j’essaie de faire personnellement. J’essaie de vivre au jour le jour ; je ne suis pas du style à me retourner. Quand j’ai quitté les Crazy, on avait joué ensemble, pendant 8 ans aussi. On avait fait du ska et du reggae. On a arrêté quand la vague reggae en France a commencé à prendre une ampleur. Beaucoup de gens disaient que l’on avait raté le coche. Mais ce n’est pas ma façon de voir… Quand je fais un truc, le jour où ça s’arrête, l’important pour moi c’est de voir vraiment pourquoi la chose s’est arrêtée, qu’est-ce que l’on a fait pour éviter que ça s’arrête, et qu’est ce que je ne dois pas commettre dans le futur. Après on ne peut pas être responsable de tout le monde mais on peut être responsable de soi-même. On peut vouloir responsabiliser les autres quant à eux-mêmes et quant à ce qu’ils font, et on peut vouloir les amener à une certaine prise de conscience, qui peut amener à considérer un peu plus ce que l’on fait, et d’en prendre soin. Mais si ça se casse la gueule, ça se casse la gueule… Je ne vais pas pleurer dessus et je continue mon chemin. L’aventure humaine fait que l’on vit des choses avec les autres, qui quand elles n’existent pas…
Qu’est ce qui d’une manière générale t’inspire la création ? D’où viennent tes lyrics ?
De la vie de tous les jours ! Tu te lèves le matin, tu regardes dans le monde, tu vois comment ça se passe, dans ta vie quotidienne avec ta femme, tes enfants, tes copains. Tout ça c’est la vie. Je ne suis pas spécialiste d’une chose ou d’une autre. Je parle des choses quand elles me viennent. Ce qui chante dans ma tête c’est ce que j’essaie de chanter aux autres. Après je fais le tri, sinon je pourrais chanter plein de conneries.
Mais as-tu des thèmes de prédilection ?
Non, j’ai des choses que je n’ai pas l’occasion de chante. Quand je suis dans un groupe, c’est un autre rythme. C’est particulier. Après j’ai plein de cahiers et plein de textes qui n’ont jamais été chantés, et que je ne chanterai peut-être pas, parce qu’avec le temps, les façons de voir les choses évoluent alors le texte devient autre chose..
Te revendiques-tu plus d’une voie poétique, où places-tu plus tes prises de position en avant ? Il y a-t-il un style que tu privilégies ?
J’essaie de ne pas saouler les gens. J’écris ce que moi je pense et ce que je vis. En général ça trouve écho auprès des gens, à croire que l’on n’est pas si différents que ça les uns des autres. Ca trouve un écho auprès des autres et ça prend une autre amplification, mais au départ, c’est ce que j’observe et ce que j’entends dire autour de moi. Quand je dis que la vie est dure, je me retourne et il y a 15000 perrsonnes qui le disent en même temps. Le truc c’est de savoir pourquoi elle est dure, et c’est d’amener les gens à réfléchir à ça au final. Pourquoi elle est dure, pourquoi on en est là. C’est ce qui m’intéresse, et dans ce que je dis il y a toujours la recherche du point de départ. Finalement c’est revenir à la réflexion : qu’est-ce-qu’on peut faire, qu’est-ce qu’on a fait ou pas et qu’est-ce qu’on aurait pu faire pour éviter cela. Et qu’est-ce qu’il ne faut pas faire.
Quelque part tu souhaites susciter un questionnement. Ta musique n’est pas simplement un divertissement ?
Non, pas juste un divertissement. Dans le texte que je fais avec Le Peuple de l’Herbe, dans le dernier couplet j’emploie le terme Edutainment, qui est une contraction. Ce n’est pas moi qui ai inventé le terme. C’est éduquer les gens tout en les amusant, et sans perdre de vue qu’une musique sur laquelle on danse peut aussi amener à la réflexion. J’ai grandi en écoutant du reggae, et c’est la musique qui m’a aidé à me forger une conscience politique. Quelque part cette musique-là m’a ouvert à beaucoup de choses, réfléchir à l’esclavage quand on entend « slavery » . Tu peux danser sur une chanson qui parle d’esclavage. Quand tu écoutes les lyrics tu essaies de réfléchir pourquoi le gars a dit ça comme ça. C’est pour cela que ça peut-être intéressant parfois à la fin des concerts. Surtout avec Meï Teï Shô c’était frappant. Je chantais en wallof et en créole et il y a plein de paroles que les gens ne comprenaient pas. Souvent ce qui était marrant c’était de discuter à la fin des concerts, les gens disaient que telle chanson leur évoquait telle émotion ou telle chose. C’est fort quand même ! Car au-delà de tous les aspects qui peuvent sembler nous séparer, comme la couleur de peau, la culture dans laquelle on évolue, la religion en laquelle on croit, on reste des êtres humains. En wolof il y a un proverbe qui dit « Ce que tu as de mieux que l’autre, quand tu te laves tu ne l’enlèves pas ». Au final, si on se mettait tout nu, là, il ne resterait que ce que l’on a dans la tête et dans le cœur. Et c’est ce dont j’essaie de parler.
Tu viens d’évoquer le reggae. Quelle influence la Jamaïque exerce-t-elle sur toi ?
Moi j’ai grandi à Dakar, qui se situe sur l’Océan Atlantique, c’est le point le plus avancé sur l’Océan Atlantique. C’est une presqu’île. Dans les années 60, des gens ont voulu installer une radio libre, qui devait émettre à partir d’un bateau. Mais à l’époque, le président Senghor n’a pas voulu.
C’était pourtant un grand progressiste ?
Mouai, selon une certaine façon de voir je crois. Il n’avait pas voulu à l’époque. Donc les mecs se sont déplacés quelques kilomètres un peu plus bas, en Gambie, où on leur a donné une concession. Ils émettaient donc du large. Cette radio podcastait du reggae 24/24. On était gamins et on écoutait cette radio-là.
Du roots ?
Du roots. Et voilà ! La Jamaïque nous arrivait via cette petite radio qui émettait des côtes gambiennes et qui inondait tout le Sénégal de reggae. Donc bien sûr en grandissant, il y a des chansons que l’on chantait d’après des sons et ce que l’on entendait des paroles, puis petit à petit, à force de chanter Get up Stand Up en version « wolofisée « tu te demandes ce que ça veut dire. Et puis un mec te dit que ça veut dire « Lève-toi mets-toi debout », peu importe tes droits… Et qu’est ce qu’il dit derrière ? Je veux parler anglais parce que je veux comprendre ce que disent ces gars-là. Je peux revendiquer certaines choses alors. Petit à petit ça te pousse à réfléchir sur ta condition personnelle, sur la condition sociale dans laquelle tu vis dans ton pays. Sur la façon dont ton pays est dirigé. Tiens, on a eu notre indépendance en 1963, mais il ne me semble pas que l’on soit si indépendants que cela. Je n’ai jamais mis les pieds en Jamaïque, et je ne suis pas rasta non plus. Je porte des dreadlocks. Beaucoup de gens pensent que je le suis, mais on ne m’entendra jamais dire « Jah Rastafari » sur scène. Je ne déïfie pas Haile Selassié. La Mouriddiya, instaurée en 1885, est née au Sénégal. Son fondateur est Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Ce dernier insista beaucoup sur l’importance du travail comme un moyen de se rapprocher de Dieu. Il sut ainsi convaincre de très nombreux paysans et permit la mise en culture de nombreuses terres. Aujourd’hui, cette confrérie représente près de 30% des musulmans au Sénégal.
Pourquoi ?
Parce que si je devais déïfier un être humain ce serait peut-être mon père et ma mère. Je suis très croyant, je crois en beaucoup de choses, et je crois en Dieu d’une certaine manière, je crois en la dimension «divine» de l’être humain, ce qui fait que j’ai un certain respect pour l’être humain, ce qui fait que je peux chanter « peace & love » sur scène parce que c’est vraiment ce que je vis. Quand je regarde autour de moi, il n’y a personne dont je peux dire que je ne l’aime pas, mais je peux avoir des problèmes avec plein de gens, ne pas être d’accord avec leur façon de faire et leur façon de dire. Ca va du voisin qui te casse les couilles jusqu’au facho qui va te regarder de traviole parce que tu es blackos. Jusqu’au black qui va te regarder de traviole parce que tu ne portes pas des Nike ou des Timberlands comme lui. Au delà de ça c’est respect pour tout le monde, je crois en certaines choses mais je ne suis pas rasta. Je porte des locks parce que j’ai grandi au Sénégal, et au Sénégal il y a une confrérie musulmane qui sont les baefanes qui a été fondée par quelqu’un que je respecte beaucoup même si je ne suis pas musulman. Et les premiers dreadlocks que j’ai vus ça a été des baefanes et pour moi ça a évoqué une chose : la liberté ! Personne ne touche à ma tête et je me coiffe comme je veux. C’est une coiffure qui est tellement naturelle pour l’homme noir. Si tu laisses tes cheveux et que tu les peignes pas, et bien ils se mettent en locks. Quand j’ai fait mes premières locks a 12 ans et que je suis rentré chez moi, ma mère m’a dit tu « m’enlèves ça « . Je suis resté 4 heures devant chez moi à me demander si j’allais les couper ou pas ! Et le soir venu je les avais enlevées. Mais quand j’ai été majeur et vacciné, je me suis refait des locks, mais je ne suis pas rasta !
Que penses-tu du fait d’élever un monarque, considéré par certains comme autocrate, au rang de représentant divin ? N’est-ce pas paradoxal d’élever au rang de Dieu un monarque ?
Après il faut placer les choses dans leur contexte, ce n’est pas étonnant qu’un roi noir, qui était un roi couronné sur terre soit quand même d’une façon ou d’une autre déïfié par des gens en recherche de leurs racines et de leur culture, et surtout d’une force morale. Et cette force morale pouvait leur provenir d’un gars qui pouvait aller tutoyer les grands de ce monde à la société des Nations.
Et dont le grand-père a vaincu les Italiens en 1896 !
Moi, personnellement, en tant qu’Africain né dans la fin des années 60, ayant grandi en Afrique, quand Sellassié a été déposé en 75, j’étais trop gamin pour savoir qui c’était, mais c’était un nom que j’entendais souvent. Après en grandissant il m’a fallu rattacher RastafarI à Haile Selassié et voir d’où ça venait. Moi je suis Africain et je reconnais une chose à Haile Selassié, c’est d’avoir appelé les chefs d’Etats africains à l’époque à se mettre dans l’Organisation de l’Unité Africaine, qui n’a de toute façon servi à rien. C’était juste un ramassis de pourris qui étaient là, qui disaient qu’ils étaient pan-africains mais qui ne l’étaient absolument pas parce que tous les vrais pan-africains ont été tous liquidés. Des noms, comme Lumumba, ont tendance à disparaître du panthéon africain, parce que ce sont des gens dont on ne parle pas. Ce sont des gens dont on cite absolument pas l’exemple dans les écoles africaines, ce qui est honteux, alors que l’on nous rabâche Napoléon Bonaparte. Moi quand je suis allé à l’école j’étais encore gamin. J’avais 7 ans quand je suis allé au C.I., la classe d’initiation pour les pauvres comme nous qui n’avions pas accès à l’école maternelle. C’était encore sur les frontons des classes « Nos ancêtres les gaulois » et Vercingétorix. On ne parlait pas de ceux qui ont combattu les Français au Sénégal, ou alors tu as 5 lignes sur eux… On ne parle pas de ces gens-là, alors je reconnais cette chose là à Haile Selassié, après pour le reste… Chacun a sa croyance. Si ils veullent croire en lui, et bien qu’ils croient en lui. Respect. tant qu’il respecte les autres aussi, il n’y a pas de soucis.
Je voudrais évoquer tes commentaires quand à la situation politique actuelle ?
Il y a un truc qui me fait marrer en ce moment, c’est la visite de Kadhafi. A quoi pouvait-on s’attendre avec un mec comme Sarko ? On sait que c’est un opportuniste, un arriviste maladif. Il va courtiser tous ceux qu’il pourra courtiser. Il va essayer de brasser dans tous les sens. Un gars comme Kadhafi, il y a quelques années, pour moi en tant qu’Africain, c’était un mec vers lequel on pouvait lever les yeux et se dire, tiens voilà un dirigeant africain qui, du temps de Reagan, pouvait tenir tête aux Américains, puisqu’il a eu sa petite guerre perso avec eux, qui a donné ce que ça a donné, et ça ne peut pas changer grand-chose. Il a toujours tenu tête et dans ce sens-là on se dit que c’est ce que devraient faire tous les dirigeants Africains. On pouvait le citer en exemple, mais petit à petit en analysant les choses, et en voyant qui est précisément ce gars et quel manipulateur il peut être, et quel dictateur il est, c’est-à-dire un mec qui n’a aucun respect de l’être humain… Ca se voit sur sa figure, avec sa façon de parler aux gens et de leur répondre. C’est un mec qui n’a rien a foutre de rien. C’est un Sarko aussi sauf que Sarko ne fera jamais ce que Kadhafi fait en Lybie parce qu’on est en France et que c’est un pays développé et démocratique. Il fera passer d’autres choses mais ça revient au même au final, puisque c’est bafouer aussi les règles élémentaires de respect que la France peut véhiculer, avec toutes ses valeurs. Mais ça ne m’étonne pas. La France a toujours accueilli à bras ouverts tous les dictateurs africains. Tous les dictateurs africains qui se font soi-disant élire dans leur pays mais qui prennent le pouvoir d’une façon ou d’une autre en Afrique font leur première visite chez l’ex-colon. Des gars comme Idriss Déby au Tchad se sont faits adouber en France. Un gars comme Blaise Campaoré qui a fait en plus assassiner un des derniers dirigeants intègres que l’Afrique a pu connaitre, Thomas Sankara, a été accueilli en France, comme si de rien n’était. La France savait très bien ce qui se passait à l’époque en Haute Volta ou au Burkina comme Thomas Sankara l’avait baptisé : le pays des hommes intègres ! Ce sont des gens comme ça que l’on nous prend en Afrique. Des mecs qui peuvent changer les choses qu’on nous prend ! Ce qui souvent me pousse à dire qu’en Afrique il faut un renouveau de l’homme africain. C’est-à-dire que l‘on devrait être lavés de tout ça pour pouvoir sortir l’Afrique de l’ornière dans laquelle elle est, ce trou sans fond dans lequel on est en train de se précipiter, depuis les soi disant indépendances !
La Françafrique…
…c’est gangréné depuis longtemps ! Les intérêts sont tellement immenses ! Ca se joue à des encablures de nous. C’est tellement loin ! Le fondateur de Survie, François Xavier Verschave, son discours à lui ne pouvait pas être relayé, ou en tout cas il ne trouvait pas souvent écho dans la population. La mystification est tellement forte qu’au final, quand tu décris aux gens la situation concrête, ils se demandent quel est l’intérêt de la France de faire ça. Quel est l’intérêt de la France d’aller fomenter des assassinats au Rwanda, ou de participer à un génocide ? Après quand tu te rends compte que les machettes qui ont servi à découper la plupart des têtes ont été achetées en France… Toutes les enquêtes qui sont dessus passent à l’as ! C’est des trucs qui se jouent très loin de nous !
Comment cette sorte d’hypocrisie du peuple français, et cette volonté de se voiler la face vis-à-vis de la réalité est-elle ressentie en Afrique ?
Ceux qui ne savent pas ne sont absolument pas intéressé par ça !
L’opinion publique est-elle aussi dupe que ça ?
Il ne faut pas se leurrer sur une chose : nous on est dans un microcosme. On discute de certaines choses dont on se sent concernés et l’on rencontre des gens qui sont concernés par les mêmes choses. Quand je discute avec mon concierge en bas de l’immeuble, il est loin de tout ça lui ! La plupart des gens, l »a France qui se lève tôt » n’a pas le temps de se prendre la tête avec ce genre de choses.
Ou ils ne veulent pas !
A la limite ils se demandent où est passé leur pouvoir d’achat. On les fait courir derrière.
La propagande !
C’est de la prestidigitation ! Je secoue une main, tu regardes ma main droite, et de l’autre côté je te fous ma main gauche dans le cul !
C’est éloquent comme représentation !
On s’occupe de ça mais il y a plein de choses plus sérieuses que ça ! Où passe l’argent de l’aide au développement qui est prélevé sur les impôts français ? On te parle de la dette africaine. L’Afrique doit des sous à ses colonisateurs, à ses ex -maîtres, et on leur donne quand même de l’argent pour l’aide au développement. Les pays africains ne veulent pas s’en sortir parce que toute cette manne passe dans la corruption, mais cette corruption-là est partagée par les dirigeants européens ! Au final ces mecs se demandent où passe cette tune. Elle revient en Suisse et elle est remise sur d’autres comptes. On en revient toujours à ça. C’est toujours des histoires de pouvoir et d’argent. Ces mecs-là ils ont des privilèges qu’ils ne vont jamais lâcher. Pour rien au monde ! Et puis surtout, je pense que leur respect de l’humain s’arrête là où commencent leurs intérêts. On va vendre à la Lybie une centrale nucléaire, on va leur filer des armes… En Chine c’est la même chose ! Ma cousine sénégalaise, elle est secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme en ce moment, ça me fait marrer ! Ca me fait d’autant plus marrer qu’elle est issue de l’immigration cette fille. Ils lui ont donné un portefeuille qui est assez piège. De par sa couleur elle sera jugée par les gens issus des mêmes endroits qu’elle qui se diront « Pour une fois qu’il y a une négresse elle pourra essayer de faire quelque chose »… Mais cette pauvre négresse elle ne peut rien faire !
C’est une « Oncle Tom « pour toi ?
Je ne la connais pas : je ne vais pas la juger autant ! Elle est à un poste où elle ne pourra rien faire.
C’est du profit personnel ?
Si elle pense que ça peut être un tremplin pour une carrière ou du profit personnel, elle se leurre. Elle peut être démolie en un rien de temps !
Cela fait 20 ans que l’on met en place des minorités visibles, mais cela n’est-il pas une sorte de diversion ?
Pendant la colonie, on faisait siéger aussi des députés d’Outre-Mer : les Houphouët Boigny, les Sédar Senghor… Pour certains, ils ont participé à la rédaction de la Constitution de la 5ème République. Ce sont des gens qui sont là depuis longtemps. Il y a un système qui est simple : du temps des colons, on faisait venir les fils de chefs. Il y avait des écoles pour les fils de chefs. Ils étudiaient en Afrique, et quand ils avaient un certain niveau, on les faisait venir en France pour étudier. Ca avait deux valeurs ce système : c’était quelque part des otages politiques qui étaient quelque part sur le terrain de l’occupant, et on pouvait faire d’eux ce qu’on voulait, et des fois ils pouvaient servir aussi de monnaie pour pousser les notables locaux à pouvoir faire accepter une certaine politique, voire pouvoir faire passer certaines lois. Et d’un autre côté aussi, ça faisait partie du système d’acculturation de ces africains-là en les mettant dans le système complètement occidental. Ils revenaient au pays et du coup regardaient leurs congénères comme étant des sauvages, ce que le colon leur avait mis dans la tête ! Au jour d’aujourd’hui, ce ne sont pas des gars comme Azouz Begag… C’est pareil, ce gars a été dans le gouvernement, mais il est meilleur sociologue que politicien. C’est à ces gens de réfléchir à ce que eux peuvent donner et comment ils peuvent donner, et au sein de quoi ils peuvent le donner. Il y a eu ces histoires de personnalités de gauche qui se sont fait dévoyer par Sarko, sous couvert de l’union, ou de je ne sais quoi, la diversification politique ou ces termes–là qui embrouillent la tête. A un moment, tu t’arrêtes, et tu demandes si tu es la victime du système ou pas. Parce que le système est pernicieux ! C’est un serpent qui passe partout. Si tu acceptes certaines choses, tu vas contre le mur. C’est à ces gens de se demander « Qu’est-ce qu’on peut amener et comment on va l’amener ». Est-ce que c’est en rejoignant ces gens-là qu’on va le faire. En Afrique ça s’est produit aussi, des gouvernements d’union nationale, on en a connu plein. Les dictateurs disent : « Je suis ouvert politiquement, j’invite tous mes frères de l’opposition à rejoindre mon gouvernement d’union nationale, pour que l’on puisse discuter et débattre des issues de ce pays de façon importante, à pouvoir régler les problêmes… » Mais une fois qu’ils sont dans ce gouvernement-là, tu ne les entends plus et tu ne les vois plus. Ce sont juste des épouvantails que l’on agite comme ça pour dire ils sont là mais ils font que dalle… Je n’irai pas jusqu’à dire que ce sont des oncles Tom, mais en tous cas elle est dans une situation… Effectivement, dans le cas de ma cousine, elle râle et elle claque la porte, et effectivement elle sauve un peu son honneur, les gens se diront : » Elle est partie à cause de ses convictions, » soit elle reste et on dira : « Elle ferme son bec »… De toutes façons, comme disait l’autre « Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne. «
On parlait tout à l’heure de ton concierge : j’ignore pour qui il a voté mais j’aimerais connaître le regard que tu portes sur l’électorat qui a permis l’élection de l’actuel président ?
C’est difficile de juger en bloc 18 millions de personnes. Je pense que dans ces 18 millions de personnes il y a parmi elles le lot de ceux qui sont allés par conviction parce qu’ils ressemblent à Sarko, c’est à dire des petits opportunistes, arrivistes qui pensent qu’il vont pouvoir s’en mettre plein les poches en vivant une ère libérale, que le travail paye… Mais ils seront toujours broyés par la machine. Et puis il y a un petit lot d’opportunistes qui se sont dits « On va se mettre dans la vague, ça va changer beaucoup de choses » parce que le discours de Sarko les a séduits. Après il n’y a pas que ça qui explique cela. Il y a aussi ce qu’il y avait en face, une sorte d’explosion, ou de multiples petites implosions de l’aile gauche de l’opposition en France.
Pour le coup, il y a plutôt eu une concentration à droite, quand ils se sont retrouvés derrière leurs chefs.
Parce que c’est le seul qui a osé brandir certaines choses. C’est l’aboutissement du leurre quand on voit George Bush se faire reconduire à la tête des Etats Unis après des fraudes bien plus que visibles ! C’est l’ère des tricheurs ! Poutine, que Sarkozy a appelé pour le féliciter après les élections législatives russes, alors que tout le monde crie au scandale, sort un candidat de son chapeau, qui ose dire lui-même que s’il est élu président il appellera Poutine à la tête du gouvernement russe. Qu’est ce que ça veut dire ? Et c’est comme Berlusconi qui arrive à faire des lois d’amnistie pour tous les péraves comme lui qui une fois qu’ils seront sortit de la sphère politique ne répondront d’absolument rien du tout en terme de corruption, de détournement de fonds, de délit d’initiés. Je voudrais juste terminer sur un morceau que j’avais écrit, un morceau en français que je n’ai jamais fait.
Un dubplate !
Mais même le pauvre Chirac, qui n’a plus tellement d’allure depuis qu’il n’est plus président de la République. Je disais à l’époque : « Je voudrais être le juge qui va faire tomber Chirac… Le traquer jusqu’à ce qu’il craque -et raque », putain tu m’étonnes, toute la tune qu’il nous braqué ! – Et aujourd’hui, quand je le vois, j’ai un peu pitié de lui ! Comme Fujimori, qui répond aujourd’hui devant la justice de son pays des crimes qu’il a pu commettre, des tunes qu’il a pu détourner !





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