Personnage atypique dans le dub actuel mais à l’activité pourtant habituelle pour un musicien de reggae, Shaky Norman a su se faire apprécier dans le monde entier. Reconnu comme tel par ses pairs, de nombreuses années de pratique musicale ont fait de lui un des artistes les plus respectés dans le microcosme français des virtuoses du mélodica. Venu du punk et de l’underground parisien, Shaky Norman a paisiblement noué des relations dans le monde globalisé du dub. Son album Universal Love en atteste, puisque sont accrédités dessus des producteurs du monde entier. Membre éminent de la corporation des mélodicistes, il pose ici un regard bienveillant sur un mouvement qu’il a eu le loisir de voir se développer ces 30 dernières années. Solo !
Bonjour Shaky, rapidement autant que possible, peux-tu nous décrire ton parcours musical ?
La musique est une longue histoire pour moi. J’ai commencé très jeune avec la flûte, puis un peu de violon. Après, à partir de 15 ans j’ai commencé à écouter du rock et à me mettre à la guitare puis j’ai découvert le mélodica.

Tu as eu une formation classique ?
Je ne suis jamais allé au conservatoire, j’ai joué du violon et puis je n’ai pas aimé comment ça se passait. Quand j’étais jeune, je chantais aussi dans une chorale, j’avais quand même une oreille musicale, on me l’avait dit quand je devais avoir 10 ans. Et puis avec l’arrivée du punk j’ai fait un groupe guitare-chant avec mes amis Christophe et Gilles. On a joué de 81 à 93. Au début, on jouait du punk rock et puis on s’est dirigé vers le reggae, grâce aux Clash qui m’ont fait découvrir Lee Perry, Junior Murvin. C’est avec la version des Clash de Police & Thieves que je me suis mis à écouter du reggae dans les années 80. Et puis j’ai acheté mon premier mélodica parce que j’aime beaucoup le son de l’accordéon. Un jour, dans les années 80, je suis tombé sur un disque d’Augustus Pablo. J’ai trouvé ça génial, ça alliait le reggae que je commençais à écouter, et le son de l’instrument que j’aimais bien, j’ai donc acheté mon premier mélodica dans les années 80. J’ai commencé à en mettre un peu dans mon groupe quand on a commencé à jouer vraiment reggae avec José et Miss Nat . Après j’ai fait un grand break pendant une dizaine d’années, je me suis occupé de ma famille et puis je m’y suis remis depuis un peu plus de 10 ans, en étant uniquement axé sur le mélodica. De fil en aiguille, au départ avec Myspace puis après Soundcloud et Facebook , j’ai contacté des gens, d’abord à Paris mais aussi grâce à internet au Brésil, en Chine, au Portugal, en Espagne avec Don Fe. J’ai collaboré avec pas mal de gens comme Dub Caravan, aussi, avec Felix Russ Abu qui est un super bon producteur et un multi instrumentiste. J’ai aussi rencontré Emeric Roots Ista Posse il y a 7-8 ans, et on a fait plusieurs collaborations ensemble : il a sorti des vinyles où je joue dessus.
Quels sont les premiers concerts reggae que tu as pu voir dans les années 80 ?
Les premiers c’était au début des années 80. Le premier concert que j’ai vu c’était Toots & The Maytals en 1981 à l’Hippodrome de Paris puis Chalice à l’Eldorado. Après je suis allé beaucoup à la Mutualité, j’ai vu Burning Spear en 85 et j’ai compris ce qu’était le reggae en live : j’adorais ! J’étais fixé à regarder le batteur, le bassiste. J’ai vu Augustus Pablo aussi en 89, j’ai vu Sly and Robbie… Burning Spear, pour moi, est une influence énorme. J’étais au concert de 1988 à Paris au Zénith et c’est un souvenir absolu. Il est sorti en vinyle, et en vidéo d’ailleurs. C’est un souvenir mémorable, il y a plein de concerts de reggae qui m’ont marqué ! Lee Perry, pour moi de le voir sur scène… J’étais à ses 70 ans à l’Elysée Montmartre, il y avait Max Roméo, les Congos et Adrian Sherwood à la table de mixage. Je suis allé le voir au Cabaret Sauvage pour ses 80 ans, le concert était absolument incroyable.
Comment vous avez appréhendé ce mouvement qui arrivait tout d’un coup, avec le rastafarisme et toute cette culture-là qui était totalement nouvelle en France?
Moi c’est par Marley ! Ce qui me touchait, qui m’a attiré vers le reggae et la musique jamaïcaine c’est le message de respect de la nature et de respect entre les hommes, la fraternité. Ces messages-là, et le respect de la nature notamment, on s’aperçoit que tout le monde en parle aujourd’hui et que c’est devenu un sujet politique mais à l’époque, dans les années 80, quand les Jamaïcains en parlaient on les prenait pour des fous, des doux rêveurs.
Voyais-tu des points communs avec ta culture plutôt punk ?
Ah complètement ! Justement c’est ce qu’avaient vécu les Clashs. Ils étaient dans la banlieue de Londres, ils n’avaient pas de boulot et ils voyaient les jeunes Jamaïcains à Londres qui étaient dans la même merde qu’eux. Ils ont écouté la même musique, ils étaient potes. Après il y a eu la même chose avec le ska, les Specials, Two Tone Records. Les Blancs, les Noirs, tout le monde était dans la même merde à essayer de partager des choses avec la musique, d’avancer, d’avoir un message positif pour tout le monde. C’était ça qui m’intéressait avec une musique que j’ai toujours adoré respecter. Après, le message rastafarien vraiment profond et religieux, Hailé Sélassié , tout ça, je ne me suis jamais vraiment penché dessus parce que ce n’est pas ma culture. Par contre, ce que je trouvais bien, c’est que les Rastas les plus fervents par rapport à leur croyance religieuse n’excluaient pas les autres et qu’ils accueillaient tout le monde. Après on n’accepte ou on n’accepte pas le concept mais le message est universel et rassemble les gens. Je ne me considère pas un comme un rasta même si certains que j’ai croisés me disent que je suis plus rasta que certains autres. Ce n’est qu’une histoire de couleur de peau, je n’ai pas de dreadlocks. Le reggae, la musique jamaïcaine me fascinent depuis plus de trente ans maintenant. Je suis bien content d’avoir rencontré des gens comme Nambo Robinson, tromboniste de Sly & Robbie. Je l’avais vu jouer il y a 30 ans à l’Elysée Montmartre à un concert de Freddie McGregor avec Maxi Priest et le Taxi Gang de Sly & Robbie, et 30 ans après, grâce à Myspace, je suis rentré en contact avec lui et de fil en aiguille il m’a proposé d’enregistrer avec moi un morceau parce qu’il avait entendu comment je jouais du mélodica. C’était vraiment un honneur incroyable. C’était un monsieur qui avait plus de 40 ans de carrière, qui nous a malheureusement quittés le 25 janvier 2017. J’ai pu faire quand même une production avec lui. Je voulais en refaire d’autres, c’est uniquement sorti sur le net et j’aurais bien aimé faire un vinyle si j’avais eu le financement. On peut l’écouter sur mon bandcamp.

Pour en revenir précisément à Augustus Pablo, quel souvenir gardes-tu du concert où tu l’as découvert ?
J’étais déjà fan, amoureux de sa façon de jouer de l’instrument, et des mélodies qu’il trouvait, donc ça m’a vraiment influencé. Quand je l’ai vu pour la première fois en 1989, c’était avec Yami Bolo qui était vraiment tout jeune à l’époque, et Junior Delgado. C’était un concert de folie, il venait de sortir un album avec Junior Delgado. Le groupe tournait avec Christopher Meredith à la basse et avec un batteur incroyable. Il y avait eu une demi-heure trois quart d’heure d’Augustus tout seul au mélodica. Entre Yami Bolo qui ouvre, Augustus Pablo au mélodica et après il s’est mis au clavier et il a accompagné Junior Delgado pour un concert mémorable. C’était à la Mutualité en 89.
Que penses-tu de la musique de son fils ?
Addis, c’est bien il reprend le flambeau. C’est super, il est actif, ce qui est magnifique c’est de voir que Rockers International est encore une boutique de disques que son père avait fait et qu’elle est encore ouverte à Kingston. Rockers International est un label mais à la base c’est une boutique où l’on vend des disques. Ils les fabriquaient même, il y avait le studio à côté pour enregistrer, fabriquer et vendre ! D’ailleurs mon ami Jeff Boto de Dubattak est allé en Jamaïque dans la boutique Rockers International pour leur faire écouter mon mélodica sur une de ses prods, quel honneur et quelle joie pour moi quand le gérant a apprécié ma façon de jouer le mélodica .
Toi-même tu es allé en Jamaïque ?
Pas encore.
Comment as-tu percuté le milieu du sound system ?
Et bien il y a 10 ans quand je me suis remis au mélodica quand j’ai voulu recommencer la musique, j’ai voulu aller dans des endroits où on écoute du reggae avec des grosses enceintes. Je suis allé sur des péniches, sur des sound systems à la Cartoucherie de Vincennes, et parfois dans des endroits improbables. C’est comme ça que j’ai découvert cette culture sound system qui m’a permis de me remettre le pied à l’étrier pour recommencer à jouer en live. J’ai fait mes armes avec des amis comme Leo Far East sur une péniche, il m’avait invité, on a fait des duos ensemble.
A deux mélodicas ?
Oui, à 2 mélodicas. On a déjà fait ça plein de fois, en alternant mélodie et rythmique. On se faisait un signe et on intervertissait, je faisais un solo et on se renvoyait la balle en improvisation. Tout le temps en impro. Il faut juste que le vinyle tourne à la bonne vitesse pour que le mélodica soit accordé. Ca, c’est un souci.
Ah bon, lorsque le disque est pitché ça joue sur la tonalité ?
Oui, lorsque la platine tourne à une vitesse différente, un chanteur peut s’accorder sur la tune. Quand on n’a pas l’oreille absolue on peut dire que l’on aime ou pas. Par contre le mélodica ne s’accorde pas : soit ça sonne juste, ou soit ça sonne faux. Si ça sonne faux on ne peut pas jouer donc avec les vinyles c’est bien, mais des fois j’aime bien aussi quand quelqu’un passe un fichier, un cd ou du WAV et que ce soit accordé pile poil. Je ne peux pas jouer si ce n’est pas accordé !

Est-ce que tu as des repères dans la musique ? J’imagine que selon les riddims, tu dois avoir des repères rythmiques ou mélodiques ?
Il faut que quand il y a la version vocale ou la version dub qui passe je me chauffe à l’oreille. Je m’écarte un petit peu, je trouve les accords, une fois que je l’es ai trouvés, je vois sur quelle gamme je peux jouer sans faire de fausse note. Parfois j’en fais, personne n’est parfait !
Es-tu influencé par la pratique d’autres joueurs de mélodica ?
Augustus a été ma plus grosse influence. Après, je sais qu’il y’a des artistes qui jouent du mélodica dans le monde qui sont très-très bons. Dubiterian est exceptionnel c’est un très grand joueur de mélodica, Art-X en France pour moi est l’un des meilleurs et Léo Far East est excellent ! Tommy Cho au Japon également, un grand ami à moi qui m’a offert un mélodica en bois Hinoki du Japon. Maintenant il y a plein de gens qui commencent à s’y mettre. C’est super ! Moi je suis toujours dans le partage, j’ai joué avec Art-X sur scène. Il m’avait invité à une soirée où il y avait BigaRanx, on avait fait une version mélodica à deux. Art-X maintenant il tourne partout, c’est d’une excellente qualité, toutes les prods où il joue du mélodica sont vraiment bien. C’est un très grand joueur de mélodica, et ce que j’aime bien c’est que ce sont des créations. Dubiterian, par exemple c’est très bien mais il fait surtout des reprises des thèmes de Marley, de Gregory Isaac ou même d’Augustus. Moi mon truc c’est de me laisser bercer et de faire des créations personnelles. J’ai une façon de fonctionner : j’écoute et après il y a des mélodies qui me viennent, et ces mélodies-là m’appartiennent !
Ton album nous offre un tour du monde musical, entre Chine, Brésil, Portugal ou Ecosse notamment, comment as-tu sélectionné les riddims qui le compose ?
Chaque morceau a une histoire. Par exemple j’ai enregistré principalement chez mon ami Guillaume pour chacun de ses producteurs et à un moment j’ai eu envie de leur demander s’ils pouvaient me passer une de leur prod où je joue dessus pour pouvoir faire mon album. Ils ont accepté chaque fois et c’est pour ça que j’ai pu le faire. Ils auraient pu refuser mais vu que c’est moi qui joue dessus, j’amende tout de même une touche personnelle, ils ont donc accepté bien sympathiquement. En même temps pour chacun j’avais enregistré 5 ou 6 productions donc je leur en avait passé une sur ces 5 ou 6.
Comment as-tu conçu ce disque ?
Je l’ai autoproduit de A à Z avec l’aide de plein de gens différents, ils sont tous crédités sur mon album .
C’est intéressant, mais a t-il un concept ? Je trouve qu’on voyage énormément à l’écouter, dans les ambiances…
C’est mon univers musical ! C’est vrai que les morceaux sont différents les uns des autres. Je les ai enregistrés et pendant 4 ans j’ai eu envie de faire un album avec le mélodica en fil rouge. Chaque prod a été masterisée dans un seul studio mais ça a été enregistré et mixé dans 7 ou 8 studios dans autant de pays différents. Il y a 14 morceaux et ce sont beaucoup de producteurs différents.
Quelles sont les releases vinyles que tu as faites les plus marquantes pour toi, que tu peux évoquer pour nous ?
Il y en a plusieurs mais pour moi la première qui m’a vraiment touché, c’est la production, de Dubatak en 45tours, une face B de Earl Sixteen. Dubatak sont des amis du Brésil et ça a été vraiment une grande émotion car j’écoutais Earl Sixteen quand j’étais beaucoup plus jeune et le fait de se retrouver sur une de ses faces. J’ai d’ailleurs communiqué avec Earl 16 aussi.
La partie de flûte est magnifique sur son single Malcolm X !
Oui, je ne sais pas qui l’a jouée mais la flûte dans le reggae c’est magnifique ! Don Fe est un flutiste qui joue super bien, avec qui j’ai fait une prod et je lui ai demandé qu’on fasse mélodica-flûte. C’est un très-très grand flûtiste ! C’est aussi un riddim maker et un très-très bon producteur.
Tu produis des riddims aussi ?
Non, non.

Envisages-tu de reproduire un disque ?
Oui, là je suis sur un nouveau projet
Aurais-tu une autre release vinyl à évoquer ?
Ah oui, il y en a une deuxième, c’est évidemment d’avoir rendu hommage aux Congos et à Lee Perry sur le label des Congos, mais production Roots Ista Posse ! Ça a été pour moi un grand frisson parce que les Congos , avec cet album mythique Heart of the Congos, ça a été vraiment très émouvant pour moi.
Justement, cette production concerne les Congos directement ?
Ils ont donné leur accord à Emeric, et quand il m’a demandé de poser le mélodica dessus je ne pensais pas que ça allait être sur leur label. Il m’avait proposé de faire une version mélodica de Fisherman. Il envisageait évidemment de la sortir derrière mais je ne pensais pas que ca allait être sur le label des Congos. Ça voulait dire qu’ils avaient accepté et qu’ils avaient trouvé ça bien. C’était un hommage pour eux et une grande joie pour moi!
Quelles sont justement les rencontres qui t’ont marqué musicalement ou humainement ?
Le musicien qui m’a le plus marqué a été Nambo Robinson. Il m’a demandé de monter sur scène, ça m’a touché énormément. C’était une légende, une telle humilité, une sympathie exceptionnelle, incroyable ! Il était toujours dans l’ombre, dans les sections cuivre et il devait chanter, je lui ai demandé de chanter sur ma production, qui est une production aussi d’un ami Julien Skrobek qui avait fait le riddim. J’avais enregistré quelque chose pour lui, après je l’ai fait écouter à Nambo et je lui avais demandé de chanter. La personne que j’ai rencontrée qui m’a le plus touché, en tant que musicien jamaïcain, c’est lui, Nambo Robinson. Il y a une autre personne que j’ai eu l’honneur de rencontrer c’est Max Roméo. Je suis allé le rencontrer lors de son dernier passage à Paris l’année dernière et ça été un grand moment pour moi. J’étais en contact avec Charm Smith, sa femme, sur facebook. Elle avait écouté mes sons et elle m’a permis de pouvoir aller le rencontrer. Une autre rencontre déterminante pour moi a été Mad Professor ! Quand je faisais de la musique avec mon ami Christophe, pendant des années on avait un groupe qui s’appelait Paris Maquis et on est allé le rencontrer à la fin d’un concert quand il vendait ses cds. C’était dans les années 90. On lui a demandé s’il serait d’accord de nous enregistrer. On était en train de produire un 45 tours. Il nous a demandé de lui envoyer une cassette pour l’écouter, et il l’a fait ! Apres on est allé à Londres pour enregistrer, il a mixé notre projet. Ensuite il a entendu du mélodica sur un morceau que je lui faisais écouter comme ça. Il a demandé qui jouait du mélodica et je lui ai dit que c’était moi. Il a dit ok, la prochaine foisque je viens à Paris, je veux t’enregistrer. Il a enregistré 2 morceaux à Paris 2 mois après et les morceaux se sont retrouvés sur l’album Psychedelic Dub (Dub Me Crazy – Pt. 10) en 90. J’avais juste joué sur le riddim. Il y avait Rico Rodriguez sur l’album, Black Steel aussi. Ca a été un grand moment pour moi qu’il me mette sur son album en 90. Ça a été un démarrage pour moi de réaliser que je pouvais continuer à faire du mélodica. D’ailleurs si je m’appelle Shaky Norman, c’est parce que c’est lui qui m’a baptisé comme ça ! Je devais faire des percussions pour lui et j’étais trop nerveux. Il m’a dit ‘’You are too shaky !’’ Comme quand je jouais dans mon groupe, punk je m’appelais Norman, j’ai trouvé que Shaky Norman ça faisait marrer. Voilà pourquoi Shaky. C’est grâce à Mad Prof que je me suis appelé Shaky.
As-tu déjà joué en backing band ?
Non jamais. Je suis en train de monter un band pour jouer mes propres riddims, mes propres créations. Je suis en train de monter ça. Je suis sur un projet aussi avec Glen Da Costa, qui était le saxophoniste de Bob Marley. Ça va sortir je ne sais pas quand…
Avec Roots Ista Posse ça se passe comment ?
Le dernier projet ensemble a été l’hommage aux Congos. Là, je n’ai pas enregistré avec lui depuis un petit moment mais ça me fait super plaisir de jouer avec lui. J’aime bien jouer sur ses productions j’espère qu’on en fera d’autres. J’en ai enregistrées pas mal avec lui et ça a toujours été un grand plaisir !






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