Linval Thompson, génial producteur instigateur du label à son nom n’en est pas moins un fabuleux chanteur. Reprenant ses anciens hits en acoustique façon  »Inna de Yard », la magie opère toujours, avec des intonations dans sa voix qui rejoignent aujourd’hui celles de Johnny Clarke d’il y a 25 ans. Mais comment une voix peut-elle être aussi subtile en provenant d’une carrure aussi imposante ? Si l’on ferme les yeux, on pourrait presque s’imaginer sur une plage de Montego, éclairé par un feu avec la mer comme fond sonore… Certains passages touchent vraiment la grâce, alors que d’autres semblent quasi-improvisés, simplement reliés par la mélancolie du chant. On remarque l’absence de basse dans les riddims, parfois classiques, comme sur Mercy mercy mercy, ce qui fait que Chinna Smith comblant ce manque, reprend parfois le thème à la guitare. C’est ainsi que le Sleng-Teng riddim, tout juste effleuré, sonnerait presque comme un anachronisme tant on croirait écouter un enregistrement du début des 70’s, impression renforcée par un son de batterie caractéristique de certaines pépites oldies. La percu nyabinghi vient emballer le featuring final de l’un des meilleurs épisodes de cette série artistiquement audacieuse.

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