Artiste mythique des 60’s, Ken Boothe fut affilié aux écuries de Duke Reid puis de Studio One en 1963. Au même titre que ses glorieux contemporains Delroy Wilson, Stranger Cole ou Hortense Ellis, il incarne la légendaire période du ska et du rocksteady. Les prestations scéniques de Ken Boothe n’en demeurent pas moins aujourd’hui des plus rares. Donc prisées. Les spectateurs de cette session parisienne doivent se féliciter d’avoir pu croiser la route de ce survivant de l’âge d’or de la musique jameïcaine. C’est ainsi que Ken Boothe est venu pour la première fois de sa carrière de plus de 40 ans irradier de son aura les planches parisiennes du Cabaret Sauvage, en septembre 2004. Et malgré une entame un peu poussive du backing band français No More Babylon, qui reprend les standarts Eveything I Own, Artibella, Crying over You sur un mode reggae, on sent une connivence s’installer entre le public et Mr Rocksteady. Il n’hésite ainsi pas à s’effacer sur certains refrains. Les standards entonnés par ce monstre sacré, toujours sous l’emprise des Sam Cooke et autre Ottis Redding, révèlent une voix grave, gorgée de soul. Ses incursions a cappella (It’s because I m black), dans un répertoire classique en attestent. Mr Rocksteady délivre un message universel d’amour et de fraternité, venu du tréfonds de la Jamaïque des années 60, ce qui luiconfère une crédibilité absolue.





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