On enchaîne dans le tohu-bohu organique avec JMPZ, autres créateurs de pandémonium sonore. Maories, groovies, de multiples influences convergent pour délivrer leur énergie tribale dans un fatra sonore fait de slaps provenant de deux basses, d’effusions de didjeridoo et de rythmiques débridées. JMPZ fusionne tous azimuts, et, à sa manière, développe une transe percussive faite d’harmonies hypnotiques, dans un style proche de celui de Kaophonic Tribu ou d’Highlight Tribe. Autres instigateurs de ce courant musical en aparté des rigueurs électroniques, ces formations universellement françaises jouissent des libertés et des facilités d’improvisation inhérentes aux musiques instrumentales.
Salut à toi, faisons les présentations !
Moi c’est Steph, et je représente tout le reste du groupe : Juju, Seb et Ben, sans compter Bichon qui fait le son depuis de nombreuses années qui a une part très, très importante dans le groupe, aussi bien que dans la création.
Que peuvent bien signifier ces 4 lettres énigmatiques qui constituent votre nom ?
JMPZ à la base était la formation de 4 personnes venant de divers groupes qui avaient splité. Ils n’avaient pas tellement réfléchi au nom du groupe qu’ils allaient créer. Et puis un soir où ils devaient donner un concert, il fallait qu’ils décident rapidement d’un nom et comme il ne leur venait rien à l’idée, ils ont pris les quatre premières lettres des prénoms de chacun. Résultat, il n’en reste plus qu’un. Le groupe a démarré en 96 et depuis il y a eu des départs et des arrivées. 10 ans, ça fait du temps et en 10 ans les personnes ont eu différents projets de famille et de boulot. Le groupe a pris sa maturité avec le temps et avec les rencontres.

Vous semblez avoir subi pas mal de changements depuis le premier album ?
Oui, il y a eu pas mal de changements mais jamais dans la douleur, plutôt des séparations liées aux choses de la vie, tout bêtement.
Vous semblez ne plus avoir de dj et un des deux bassistes semble vous avoir quitté ?
Zan, le bassiste a eu un enfant. Il a eu un réel besoin d’être sûr de pouvoir le nourrir comme il est parti à un moment où financièrement on n’était pas très au point, il a préféré passer du côté obscur de la force.
Et quelle est la fréquence de vos prestations ?
En fait, le mieux est de parler de nos activités pour répondre à ta question : depuis septembre dernier on a sorti un album qui s’appelle Subsonic et qui se vend bien. On est vraiment contents et depuis Septembre dernier (2004 ), on en est à 80 ou 85 dates. En un an on a fait quasiment 90 dates sur l’ensemble de l’année. On prend quelque temps pour souffler au mois de Septembre et ça repart jusqu’à Décembre. Et puis on a une autre activité : on fait de la prévention sur les risques auditifs auprès des collégiens et des lycéens de la région Bourgogne, ce qui nous prend pas mal de temps et ce qui nous permet en même temps de pouvoir sensibiliser des gamins aux dangers des décibels. C’est peut-être un peu paradoxal quand ça vient d’un groupe mais c’est justement parce que ça vient d’un groupe que les gamins sont beaucoup plus attentifs à ce qu’on leur dit. C’est un projet qu’on encourage dans les régions puisque ça marche.
Et dans quel cadre êtes-vous structurés pour mener vos actions ?
En fait cette initiative a été créée au départ par un groupe de la région Sud-Ouest et comme ça a très bien marché, maintenant ça fait un peu boule de neige. En fait, ce sont souvent des associations qui montent le projet et qui le mettent clé en main aux institutions comme la Drac, la DASS ou l’inspection académique.
Jmpz est donc vraiment sensible aux risques auditifs ?
Pendant longtemps les institutions n’en ont rien eu à faire. Jusqu’au moment où, à mon avis, ils ont vu les chiffres des coûts d’appareillages et des prothèses. Ils se sont dis que c’était peut-être le moment de faire de la prévention plutôt que de la guérison.
Mais vous-mêmes, avez-vous eu des problèmes à ce niveau là ?
Pierric, un des anciens batteurs du groupe, s’est retrouvé avec des acouphènes. C’est une petite fréquence dans ton oreille qui ne fait que gueuler tout le temps. C’est une fréquence très particulière, et tu l’as tous les jours, le matin, le soir, dans la nuit… C’est super handicapant. Le seul moyen de les traiter, c’est les anti-dépresseurs. C’est très sérieux, il y a énormément de gens qui en souffrent en France. Ca se chiffre en millions. Il y a même des personnes qui ont jusqu’à trois fréquences ensemble.

Et si nous abordions l’aspect artistique de Jmpz ?
C’est très simple : l’album Subsonic est un petit peu différent de ce qu’on a fait sur Cyclothymique, qui est encore fidèle à l’image de l’énergie qu’on pouvait développer sur scène. Subsonic est beaucoup plus un travail de studio pour créer un album qui soit différent de ce que l’on peut retrouver sur scène, plus dans le plaisir d’écouter un album à la maison, sur son canapé. Quand on écoute un album comme ça, on n’est pas du tout dans la même motivation et dans la même écoute. C’est pour ça que le disque est beaucoup plus léché niveau électro. On a plutôt tiré sur le côté métal et électro.
Vous avez indéniablement un côté drumn’bass que vous n’aviez pas avant, des parties avec plus de beats.
Il y a toujours eu un côté drumn’bass puisqu’il y a toujours deux basses et les batteries, dans le groupe, mais peut-être sur des rythmes beaucoup plus tribaux que ça ne l’était avant. Maintenant, on est beaucoup plus dans le côté électro.
Est-ce toi qui écris vos textes et de quoi traitent-ils ?
Oui, c’est moi qui les écris. Il y a des choses personnelles, d’autres qui sont liées au voyage ou à des sujets qui nous sont proches comme l’écologie. Et puis l’aspect politique de ce qu’il se passe sur la planète. Ce sont des textes que je chante en « jap », alterné en anglais.
Certaines parties pourraient-elles alors rappeler Magma ?
Magma est un langage créé de toutes pièces, moi ce sont des vrais mots de la vraie vie de la vraie planète.

Tu es super expressif en concert : dans quel état d’esprit es-tu lorsque tu te retrouves sur scène ?
Je suis un guerrier quand je monte sur scène !
Tu as un côté Tambour du Bronx !
Je ne sais pas mais j’aime bien le côté Maori… J’ai traîné un peu en Nouvelle-Zélande, et la culture maorie me plaît vraiment. Ils ont un côté très expressif, avec un côté guerrier que j’adore. Et puis beau et super noble en même temps, difficile à exprimer. Je ne m’identifie pas vraiment à ça mais c’est juste que sur scène il faut donner de ta présence, d’une certaine manière. Et puis en même temps, si tu peux partir dans une expression et une recherche de regard, c’est encore mieux pour le public.
Qu’est-ce que te procure un concert ?
Enormément de plaisir quand le public qui est là est réceptif…
Où est-ce que le public a été le plus réceptif ?
Il est là où on va le chercher…
Ezeltone, rapport au tracklist de votre album, est-il un tribute à Ez3kiel et High Tone ?
Oui, bravo ! Evidemment !
Après vous avoir croisé sur la route nationale 89, je me demandais s’il était pour vous facile d’éviter les fans avec un camion aussi voyant ?
C’est la question classique que tu poses à tout le monde ?
Non, c’est que je vous ai un jour croisé à bord d’un camion peint à l’effigie de votre mascotte…
Ah, notre vieux camion ! En ce moment il est sur un terrain vague et ça me fend le coeur. On n’a pas de tunes pour le faire retaper mais un moteur de ‘merco’, c’est super cher ! Par contre le camion, c’est une oeuvre d’art ! Tu te rappelles du graf de notre bonhomme ?
De quel groupe vous sentez-vous proches !
On écoute vraiment beaucoup de choses et comme on est tous différents…Mike Patton ?
On a un petit penchant, évidemment ! C’est quelqu’un d’incroyable, au niveau de la production, du chant. C’est un groupe de boulimiques ! C’est un personnage. Dans le camion, il y a pas mal d’électro qui tourne, pas mal de métal.
Et de ska avec le dernier morceau de votre set ?
Pas vraiment non. Le ska n’est pas du tout une musique qui traîne dans le camion.

C’est que j’étais super étonné par votre dernier morceau, il était plutôt festif et à skank.
Oui, mais il part bien métal et « trans » derrière.
Vous développez ce côté trans, vous partez sur des morceaux groovy, et puis tout d’un coup vous cassez le rythme ?
C’est un petit peu le changement d’humeur, l’aspect cyclothymique. Pour plus d’infos, on a notre site Internet JMPZ. COM. Sur le site il y a un livre d’or et nos mails, des liens, vous pouvez chatter…
Interview réalisée en 2005.





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