Artiste américaine pluridisciplinaire installée à Londres, Jamika, a habitué le public dub à sa présence aux côtés de Zenzile. Elle vient de sortir Helium Balloon Illusions son premier album personnel qui nous révèle au mieux une chanteuse sans complexes pour laquelle l’expression sous toutes ses formes revêt une importance vitale. Cette voix devenue familière transgresse les codes de chaque genre musicaux pour certainement mieux les rassembler. Son aura et sa sensibilité émanent d’un esprit ultra-créatif jettent, les ponts entre une certaine attitude scénique résolument rockn’roll et l’imagination du dub qu’elle pratique avec Zenzile depuis 2000.
Tu es d’origine anglaise ?
En fait je suis d’origine américaine.

Quel est le moteur de tes différentes activités ? Peux-tu nous les présenter ?
Le moteur de mon travail…hmmm… Je suppose que ça change et en même temps que ça a toujours été le même à la base. Un besoin de s’exprimer, de parler de ce qui se passe, de raconter des histoires, de donner de la voix à ce qui est caché, de contribuer à l’évolution de la race humaine, l’amour est surtout le moteur… et ce moteur est destiné à tester les limites et peut-être même les effacer. Je suis une artiste pluridisciplinaire, cinéaste / artiste visuel, auteur, poète, performeur, musicienne… Je me suis toujours intéressée à brouiller les genres, à fusionner les différents genres d’expressions entre eux. Quelquefois je combine des installations visuelles live, des boucles vidéos avec des performances d’improvisations en direct. J’aime aussi l’idée de rendre le spoken word visuel aussi bien que sonore et de mélanger tout ça pour créer un autre type de performance. Je voudrais explorer ça encore dans le future.
Le domaine musical est-il celui où tu t’exprimes le mieux ?
Ces dernières années, la musique a été le centre de mon univers créatif. Entre Zenzile et mon propre groupe « solo » (Jamika and the Bowrdel Band ), mon temps a été en grande partie pris à créer de la musique, écrire des chansons, ou tourner. J’exprime mieux certaines choses avec de la musique et les choses que j’exprime à travers les chansons sont, je pense, mieux exprimées de cette façon. Je crois que l’énergie de la création te pousse naturellement vers le moyen d’expression qui te convient le mieux.
Quelles sont tes références littéraires et cinématographiques ?
Je suis fan de James Baldwin, William Burroughs, Marie Rainer Rilke, Ntzoke Shange, Octavia Butler, Phillip K. Dick, Camus, Italo Calvino, … pour en nommer quelques-uns. Une gamme de styles de la littérature classique à l’absurde, de la dure réalité de la vie quotidienne, des surréalistes et à la science-fiction.

De quel courant musical ou artistique te sens-tu proche ?
Un artiste auquel je peux me lier esthétiquement est Basquiat.
Initialement, comment en es-tu venue à travailler avec Zenzile ?
J’ai rencontré Zenzile à Londres. Ils devaient jouer au Fridge Bar avec un poète invité mystère. Et là devinez qui fut l’invité mystère ? J’ai fait une version de « Revolution A » avec eux cette nuit-là et le reste appartient à l’histoire.
Depuis quand joues-tu avec Zenzile ?
Depuis 2000 et l’album 5+1. J’ai commencé à tourner en 2000.
Quelle est pour toi la définition du dub ?
Le dub est de la musique spatiale, destinée à vous emmener dans une autre zone spirituelle, pour vous transporter. Il défie les définitions. Si vous voulez vraiment comprendre cela alors il faut peut-être revenir en arrière pour revenir à ses racines. Consultez Lee Scratch Perry et King Tubby et découvrez par vous-mêmes.
Comment cet album a t-il vu le jour : qui sont les musiciens qui interviennent ?
HBI a été une production de 2 musiciens de Zenzile, Vincent et JC. Ils ont produit la plupart des sons à l’exception de quelques morceaux, dont un que j’ai réalisé et d’autres avec des artistes invités comme Nico Gallard… qui est maintenant le batteur de Jamika and the Bowrdel Band. En réalité le travail final a été une collaboration entre plusieurs artistes et moi. Quelquefois j’avais une idée de base mélodique ou une ligne rythmique et les gars partaient dessus. Parfois, j’entendais une boucle que l’un d’entre eux avait faite et cela m’inspirait un flow.

Quel accueil le public a t-il réservé à ton premier album ?
Je pense avoir reçu de nombreuses réponses positives. Je pense que certaines personnes attendaient quelque chose d’un peu plus proche du travail que je fais avec Zenzile, d’autres ne savaient pas comment « gérer » ce mélange éclectique. Mais oui, j’ai eu de très bons commentaires de gens très réceptifs, où ils m’ont dit écouter l’album en boucle et continuer à l’écouter. Je crois que HBI a maintenant une vie après la vie et si vous voyez ce que je veux dire, pour le moment je travaille sur un nouvel album avec mon Bowrdel band. Nous avons développé un son comme un groupe qui, je pense, bouge vers une excitante nouvelle direction, un bon départ de HBI… c’est tellement bon !
Quel est l’aspect que tu préfères : la composition, le travail de studio, ou la scène ?
C’est dur parce que sincèrement je les aime tous : chacun a ses propres récompenses. Je suppose que vous pouvez dire que sur scène c’est l’endroit où tout le travail de composition, de répétitions studio paie vraiment. J’aime le live. Il est important d’être en mesure de montrer son travail, de partager, d’échanger.
Quel est l’idéal auquel tu aspires ?
Tu sais, je veux juste continuer à pouvoir faire ce que j’aime faire et le faire bien, et progresser. L’emmener vers un autre niveau.






Laisser un commentaire