Dans le milieu du reggae, nous savons : Georges Dub est un véritable musicien. Sa musique s’en ressent, et ne tombe jamais dans la facilité du dub électronique interchangeable. Il est l’un de ceux pour qui le dub est une fin en soi, un éternel recommencement vers la satisfaction du riddim accompli. Les années qu’il a consacrées à la pratique du reggae sont autant de gages de références d’un passionné qui remet inlassablement son cœur à l’ouvrage. Cette démarche intègre doit attirer votre attention : ses lives aux côtés de Dawjah, Lordfayah ou Thomso n’ont rien à envier aux meilleurs du genre. Georges Dub ne copie rien ni personne : il fait son chemin paisiblement et vous invite à le rejoindre sur vos platines avec la sortie en vinyle de son excellent premier album.
Peux-tu nous décrire ton parcours ainsi que tes projets musicaux ?
J’ai commencé la musique gamin avec l’orgue à l’école de musique et j’ai assez vite arrêté à cause de l’aspect très scolaire et peu ludique, mais j’ai continué tout seul au clavier puis à la guitare. Apres j’ai voulu enregistrer ce que je faisais d’abord sur cassette en faisant des « ping pong « puis sur un 8 pistes et, au fur et à mesure, je me suis rendu compte que je passais plus de temps à bricoler le son qu’à travailler les instruments. C’est ce qui m’a mené au projet Georges Dub en 2002. Depuis, j’ai aussi fait partie du groupe reggae dub Zone Libre au clavier et aux machines ainsi que du backing band Aina Roots Band au clavier.

Quels sont tes goûts en matière de dub ?
J’aime particulièrement le dub jamaïcain des 70’s comme King Tubby, Lee Perry et Scientist ainsi que la scène UK des années 90 avec Mad Professor, Zion Train, Alpha & Omega.
Qu’est-ce qui inspire tes compositions ? Comment travailles-tu ?
Tous les artistes que j’écoute ainsi que l’humeur du moment. Je n’ai pas vraiment de méthode de travail , je peux aussi bien partir d’une idée de ligne de basse, d’une mélodie, d’une grille d’accords ou d’un groove rythmique, puis j’enregistre couche après couche au grè de l’inspiration sans trop savoir où je vais. Quand ça devient trop le bordel je sélectionne ce qui me plaît et ce qui fonctionne en éléments courts multipistes pour le balancer dans Live et fabriquer la structure en direct lorsque je fais le cut. Pour les collaborations avec différents chanteurs ou musiciens je retravaille les riddims en fonction de leur prestation, j’aime que ça fonctionne dans les deux sens.
As-tu un instrument de prédilection ? Es-tu plutôt analogique ou numérique ?
J’utilise divers claviers, synthés, guitares, percussions acoustiques ou électroniques mais c’est vraiment la console et les effets, delays ,reverb , filtres résonnants et autres qui me permettent de m’approprier tous ces sons. En ce qui concerne le matériel j’utilise aussi bien de l’analogique que du numérique même si j’affectionne particulièrement les vieilles machines qui sont intemporelles et toujours réparables alors que les nouvelles technologies, qui évoluent tellement vite, rendent la précédente obsolète au nom de la consommation, notamment dans le domaine de l’informatique.
Quel est l’état de la scène reggae au Puy ? Y a-t-il un public dub ?
Il y a peu de groupes reggae sur le Puy hormis ceux du collectif Keep the Fayah Burning avec Wicked Band , Inna Back Yard et les sounds systems comme King Lion Roots , King Bastoo et Mansa Keita. Mais il y a un public reggae dub, l’asso KFB organise 3 à 4 soirées par an depuis 2009 qui rassemblent entre 200 et 300 personnes en moyenne.
D’ailleurs présente-nous ce collectif ?
Le collectif KFB est né à la fois pour rassembler les groupes reggae dub du Puy ainsi que pour pallier au manque d’évènements de ce style dans le coin. Depuis 2009 nous avons accueilli plus de 40 artistes sur une trentaine d’évènements dont Zion Train, Tonton David, Raging Fayah, Resonators, Mo Kalamity , Pilah , Rod Taylor et bien d’autres.
Peux-tu nous décrire ton album, quels sont les retours que tu en as ?
C’est un album qui comporte beaucoup d’invités avec Hélène Faure au trombone, Lord Fayah au mélodica et au chant et aussi Bélier, Dawjah, Bredda Dub, Touch a Gold, Daddy Lassy Hay au chant. Je l’ai entièrement réalisé en live cut avec un mixage et une structure réalisés en une seule prise sans aucune retouche d’où le titre Strictly Live Act. Il évolue comme une session sound system au fil des 14 titres. Il est sorti en mai 2015 en cd mais on me l’a plus souvent demandé en vinyle, du coup 8 des 14 titres seront sur le Lp vinyle Strictly Live Act dispo à partir de début octobre 2016.
Quelles ont été pour toi les rencontres marquantes dans le domaine de la musique ?
D’abord, ce sont les copains de KFB qui m’ont fait découvrir les multiples facettes du mouvement reggae dub. Mais plus particulièrement les sessions dubplate de Rod Taylor et Brother Culture, qui ont accepté de venir enregistrer dans mon petit studio après leurs concerts dans le coin, j’étais comme un gamin le matin de Noël !
Quelle est l’endroit que préfères : la scène ou le sound system ?
J’aime bien les deux mais je préfère le sound system, le live act n’étant pas particulièrement visuel et parce qu’on entend la même chose que le public c’est donc plus confortable pour le mixage.

Tu as repris notamment le riddim Kunta Kinte, y en a-t-il d’autres que tu pourrais cuter ?
On a repris, avec Hélène Faure au trombone, le thème du film Le Parrain déjà repris par Jah Shaka et Twinkle Brothers.
Pour conclure, aurais-tu un message pour les lecteurs ?
Le delay c’est la santé !





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