Les festivals se l’arrachent ! De véritable utilité publique, le camion de Daddy Reggae est devenu l’attraction n°1 des abords des concerts, mais aussi de la vie tumultueuse des Parisiens. Reconnu par de plus en plus de monde, ce reggae-truck fédère les passants autour d’une culture toujours plus populaire. Daddy Reggae véhicule ainsi sa passion de cette musique et démontre toute l’universalité du reggae en rassemblant autour de son camion tous les âges de classes sociales hétéroclites. Si l’on communie avec Daddy Reggae, lui nous communique sa passion du reggae. STOP ! Daddy reggae obtempère pour vous, ici et maintenant.

Comment t’est venue l’idée d’apprêter un sound system sur un camion ?

C’est la combinaison de plusieurs envies et sentiments : c’est un concept où la spontanéité a une large place, je démarre de chez moi au dépôt, la sono déjà montée, et je fais une tournée dans Paris en toute liberté. Je n’ai donc pas de corvée le jour de la session, pas d’autorisation à demander à un producteur ou à un régisseur de salle. J’ai un générateur embarqué, donc je suis autonome à 100 %.Ce sont toutes ces contraintes incontournables dans une session  » standard  » que j’évite : liberté et spontanéité.

Cela nécessite-t-il une grosse organisation ?

J’ai beaucoup travaillé en amont lors de la construction du sound truck, et j’ai un gros bagage en ce qui concerne la conduite de camions en ville, l’occupation temporaire de l’espace public et la manutention. Mais à chaud non, peu de contraintes logistiques ou de surprises.

Quel genre de reggae joues-tu ? Que t’interdis-tu sur la voie publique ?

J’ai une préférence pour le Reggae des 70’s & des 80’s, celui de mon enfance ! Je privilégie des chansons connues par le plus grand nombre dans la rue, en roulant même au pas, c’est souvent très furtif et il faut fédérer et plaire instantanément.

Dois tu obtenir des autorisations spéciales pour circuler avec du volume ?

Oui, on doit être en règle pour rester sur place un certain moment, mais pour circuler ou stationner brièvement, c’est toléré.

Comment réagit la police en ville ?

Pas de problèmes avec la Police qui a bien intégré l’aspect convivial de ma démarche. Je ne m’impose jamais dès que je gêne un voisin ou un commerçant, certains policiers me saluent ou me demandent même tel ou tel morceau ! Ils se photographient avec le camion parfois ! Beaucoup m’ignorent en tournant la tête ailleurs pour laisser passer et puis certains appliquent les règles en me contrôlant et en me demandant de partir.

Le niveau sonore est-il réglementé ?

J’adapte le niveau sonore en permanence, c’est tout naturel de baisser en présence de bébés ou de gens coincés aux abris bus. Je monte le volume quand 150 jeunes veulent danser sur une place où le niveau des bruits urbains est déjà très haut.

Comment anticipes-tu les nids de poule, les chaos de la route avec le volume ça doit être délicat à gérer ?

Oui, le plus pénible, ce sont les dos d’âne ou les pavés, mais je joue parfois des vinyles en roulant !

Existe-t-il dans le monde d’autres dispositifs équivalent au tien ?

Pas dans le Reggae je crois, mais en cas de carnaval, les Caribéens sortent la grosse artillerie !

Est-ce ton activité principale ?

Oui, mais je suis aussi déménageur en semaine.

Des organisateurs te demandent-ils de jouer un style en particulier ?

Rarement, sauf en cas de promo encadrée d’un artiste.

Comment vis-tu les évènements violents et la tension qui ont jalonné la vie parisienne ces derniers temps ? As-tu ressenti une différence auprès des auditeurs ?

J’ai eu beaucoup de chagrin à la suite du drame du Bataclan dans le 11ème, mais je ressens depuis plus de joie à mon passage, comme si on était tous conscients que chaque instant de bonheur est précieux.

Il me semble que tu es peintre aussi ? Te consacres-tu aussi exclusivement au reggae avec cette activité artistique ?

Non, j’ai juste peint le fond jaune du camion, c’est un artiste qui a dessiné les portraits et l’enseigne.

Aurais-tu une anecdote à nous confier ?

Oui, un très bon souvenir d’une ministre de la Culture en voiture qui a baissé sa vitre et m’a salué spontanément ! Au Festival du Rêve de l’Aborigène, aussi, où je n’étais pas prévu, j’ai fait la surprise à ma chérie et à ses filles en jouant au camping de bon matin !

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