Acteur de longue date de l’underground reggae/dub, l’homme qu’on appelle Barbes D s’est révélé au public au sein des formations Jamasound et Electrodune. C’est entre les labels Bellevile International et Culture Dub Records que Barbes a multiplié les tunes et les featurings depuis 2007. Son parcours de guitariste a débouché sur son activité actuelle, et bien lui en a pris car il recueille aujourd’hui le respect de l’ensemble de la communauté des dubbers, et même jusqu’à Radio Nova qui l’a déjà intégré sur ses playlist et diffusé sur ses ondes.
Pour débuter, quelle est l’origine de ton blaze ?
C’est simple, en 92 lors d’un concert avec mon groupe de reggae Hypnotik Sound au squatt Leoncavallo (Milan) je passais le balai pour aider les organisateurs à ranger la salle avant de faire le soundcheck. Je portais un bonnet du style des balayeurs de Paris, et c’est ainsi que les Marseillais m’ont donné ce pseudo de Barbés vu que je n’étais pas du Sud ! Pour ma part j’ai juste ajouté un D pour dub, digital et mon prénom David. Lorsque j’ai stoppé les groupes l’idée de reprendre un pseudo plus « dub culture’ » m’est venu, mais pour finir j’ai gardé celui-là !

Quel est ton parcours dans la musique ?
Très simple. Gamin, j’étais fan des musiques de western d’Ennio Morricone : mon premier vinyle ! Ensuite j’ai découvert le reggae très vite grâce à un pote de ma sister, et je n’ai pas quitté cette culture musicale depuis mon adolescence. En 1983 mon premier vinyle reggae, c’est Pablo Moses l’album A Song avec le titre Dubbing is a Must. En 85, quand j’écoutais Mad Professor, on me disait que c’était nul du reggae avec une boite à rythme. En 1984, j’ai fait ma première scène à Lille avec un groupe dont la clavier était Anne, qui a travaillé sur les 2 premiers albums de Mo’ Kalamity. Ensuite, vu le désert culturel du reggae en France à cette époque, j’ai bougé sur Paris, en 1989. Là, j’ai pu enfin rencontrer le sound-system et voir de vrais bands reggae, mais aussi des kings du son comme Serial P , des selecters comme Snipe de Bababoomsound… Top période ! J’étais un fan de Pupa Leslie ! C’est à cette période que j’ai commencé à faire mes premières maquettes dub sur un 4 pistes K7 qu’on me prêtait. Je suis ensuite parti à Marseille en 1992 où j’ai commencé à jouer dans des groupes reggae.
Cela ne te manque-t-il pas de jouer en groupe, toi qui as connu les groupes Jamasound et Electrodunes ?
J’en ai même fait d’autres avant ! Non, cela ne me manque pas car le collectif demande beaucoup d’énergie. Je n’étais pas fait pour faire du groupe mais comme je n’étais pas assez sûr de moi je n’ai pas foncé vers les samplers car à l’époque il fallait investir à plusieurs, ou bosser comme un âne puisque ce n’était pas donné. Maintenant je pense que ça été une période charnière, j’avais acheté ma première boite à rythme. Je jouais un peu de guitare, on m’a proposé de skanker dans des formations reggae dub. Ca a été une sacrée expérience de partage, mais du coup à cette époque j’ai laissé tomber l’idée de faire des dubs en solo pendant une longue période !
Comment qualifies-tu ton style ?
Je suis juste un ouvrier du reggae, j’aime cette musique. C’est difficile de parler de mon style en fait… Je pense que je n’aime pas la musique chargée donc la mienne reste assez minimaliste avec une mélodie simple. L’utilisation de l’outil informatique m’ouvre des possibilités mais je n’utilise pas de loop ni de time stretch. En fait j’ai tendance à faire du uk reggae stepper et du digital. Parfois on me reproche de pas être dans un seul style : c’est très « frenchy « d’être dans une case. Je garde juste le principe de faire un riddim où l’on peut chanter dessus. Un chanteur ne se perdra pas si c’est du top classique. Comme dans toutes les musiques populaires, j’utilise 4 éléments : l’intro, le couplet, le refrain et le bridge. Ensuite, je dub.

Comment se fait-il, que tu n’as pas encore produit d’album ?
Bonne question. Le vinyle me convient bien comme support, mais c’est total underground. L’hiver dernier, Patate Records m’a proposé de sortir un album cd afin d’être plus conventionnel. Je n’y pensais pas avant. Du coup Green Walk Dub devrait sortir en Décembre c’est une bonne nouvelle, je pense qu’il fera plaisir aux skankers qui apprécient mon musical moody.
Comment en es-tu venu à collaborer avec Patate Records ?
On se connait depuis long time même avant même qu’il n’ouvre son shop dans son quartier à Belleville. On est toujours resté en contact. D’ailleurs Pierre, « Patator « nous avait sorti l’album Superpanorma avec Jamasound en 2002. On a sorti ensuite mon premier vinyle en mars 2007 : Barbés.D & Friends en 12inch. En 2010 je lui ai fait part que je workais seul à la cool dans la Drôme et j’ai recommencé à lui envoyer des sons du coup on a sorti huit 45tours, 7inch entre 2010 et 2013. Et cette année ça sera mon album dub ! Je collabore aussi avec d’autres labels et je reste toujours open.
Qu’attends-tu d’un bon featuring ? Existe-t-il des artistes avec lesquels tu souhaiterais ou tu rêverais de collaborer ?
Déjà, d’être surpris par le mood du featuring. J’aime bien être étonné. Le principal c’est que le riddim colle bien à la vibe du chanteur ou de la chanteuse. Je n’ai pas de rêve de featuring il y a tellement de talents sur la planète, certains sont mis devant d’autres. C’est comme ça ….
Quelles thématiques te sont chères pour les lyrics de tes productions ?
J’aime beaucoup Dan I locks pour ses textes toujours engagés et d’actualité et aussi des textes sans militantisme comme Move it d’El Fata. Le plus important c’est la vie au quotidien, notre impact sur les autres et sur la planète !
Quel est ton rapport au reggae : es-tu plutôt roots ou digital ?
Le reggae pour moi est une grande famille. J’écoute de tout du ska, rock steady, roots early digital mais essentiellement du dub des anciens (King Tubby, Lee Perry) comme du dub uk (Jah tubbys, Jah warrior) et en dub français : Improvisators Dub, Miniman, Stand High , Massada Dub, Tomasky, High Elements. Mais mon rapport au reggae ne concerne pas que la musique : c’est aussi regarder le monde autrement !
Quels sont les artistes que tu aimes par-dessus tout ?
Lee Morgan, Grant Green, Ernest Ranglin , Lee Perry, Jammy, Horace Andy, King Tubby, Jah Shaka, Jah Warrior, Ennio Morricone.
Comment s’est établie ta collaboration avec Sista Bethsabee ?
En fait, c’est Selecta Cab (Dissident Sound) qui m’a parlé de Sista et sa belle voix à l’époque de Myspace. Ensuite, je suis venu avec Electrodunes en 2007 à la Nuit du Dub, organisée par Culture Dub. C’est un peu comme ça que le lien s’est fait. J’ai envoyé des sons à Sista Bethsabée, le premier titre Tell me qui n’est jamais sorti mais parfois je le joue en live. Ensuite, Alex Dub nous a proposé de sortir un 10 inch sur le label Culture Dub Records. J’aime vraiment ce skeud il a un réel mood ! On a quelques autres titres, dont Love breath qui sortira sur mon album. En fait, j’aimerais sortir Told me en 7 inch. Si il y a des motivés c’est cool ! Avec Sista on espère faire quelques dates de temps en temps on verra bien…






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