Mathilde travaille à l’aide sociale départementale, et bien souvent, elle ne dit rien. Et puisque les rapports sociaux lui semblent superflus, ses habitudes quotidiennes défilent dans une implacable routine. En période de fin de trêve hivernale, les dossiers de prise en charge affluent dans son service pour aider en urgence des locataires menacés d’expulsion. C’est à ce moment que ses voisins de palier, qui doivent aussi quitter leur appartement, la sollicitent pour les tirer d’affaires.
Pas de stéréotypes, de violences gratuites, et peu d’effusions de sang dans ce roman caractérisé pourtant de polar social. Cette appellation sied parfaitement à cet ouvrage puisque Tristan Saule déroule avec sensibilité l’existence d’une jeune fille accablée par l’injustice. De mauvaises rencontres en mauvais choix, son existence vacille avant qu’elle ne radicalise ses décisions. Et comme un paravent a la fatalité, il jaillit alors des affres de ses péripéties un élan d’optimisme, une expression profonde d’humanité exhalant de ce récit.
Mathilde, qui ne dit rien, ploie sous le poids de son passé. De carrure sportive, intuitive et téméraire, ses mauvais jugements l’ont jadis accablée. Son intégrité et son sens de la moralité l’honorent au moment de venir au secours de septuagénaires vulnérables abusés par un créancier sans scrupules. Affranchie de ses méthodes conventionnelles, elle s’engage légitimement dans une voie qui va provoquer des réactions en chaine et révéler la nature véritable des personnages qui peuplent son quotidien.
Ce roman atypique aborde des existences fragiles et interroge sur la violence de leurs conditions. Grégoire Courtois, alias Tristan Saule, a signé 7 ouvrages avant de débuter cette description sensible de la vie du quartier fictif de la Place Carré. Suivi d’Héroïne, ce premier épisode d’une série d’ouvrages résonne d’une vibration humaniste qui engage son auteur dans une description des iniquités de notre époque et de ses inégalités sociales.






Laisser un commentaire