S’il est un groupe qui peut se prévaloir d’une indéniable aura et d’une réputation authentiquement underground, c’est bien Sonic Youth. Fleuron de la scène art-rock du NewYork de la fin des 70’s, le quatuor remplit le rôle de charnière historique entre le punk décadent des New York Dolls, et des scènes émergentes du début des années 80. Avec le hardcore, le mouvement arty était l’autre courant majeur de cette époque. Elitistes, les groupes qui l’ont animé étaient composés en majorité d’étudiants des beaux arts, de performers ou d’artistes plus accomplis comme Glen Branca, qui a marqué cette époque. Les membres de Sonic Youth composent et enregistrent leur premier titre en 81, qui s’intitule Burning Spear. La composition du groupe se stabilise autour de la charismatique bassiste Kim Gordon, de Thurston Moore à la guitare et au chant de Lee Ranaldo et de Steve Shelley à la batterie et à l’autre guitare. Ces musiciens, certes avides d’expérimentations musicales, auront pour but d’atteindre un son neuf et identifiable, un jeu de scène extravagant, ainsi que de favoriser leur crédibilité vis à vis de la scène qu’il représente. Cette émulation créative aura pour conséquence de bâtir un renom transcontinental, puisque la première incursion de Sonic Youth en Europe date de 1983. Le groupe traverse l’underground des années 80 en collaborant ça et là à des projets avec des musiciens étrangers à la noïse, tels William Burroughs ou encore avec les rappeurs des Beastie Boys ou de Public Enemy. Cela dénote une indéfectible ouverture d’esprit, inhérente à tout artiste digne de ce nom. Sonic Youth se revendique de l’alternatif, et s’intéresse de prés ou de loin aux différentes scènes de new York en repoussant donc les clivages ataviques des styles de Big Apple. Bruitiste et novatrice, l’influence de Sonic Youth a bien entendu contribuée à l’explosion du grunge, pour lequel ce groupe a en quelque sorte servi de caution morale et éthique.

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