Une secousse stepper-s’téllurik est venue secouer la cité thiernoise en décembre 2K4. Ce soir-là, personne dans la salle n’a résisté à l’éruption. Les répercussions furent violentes, puisque outre le tsunami qui déferla quelques jours plus tard, Sism-X m’accordait une interview dans les travées du Métro. Clavier conscious, riddims bétons, chant féminin, la vibe plutôt stepper et résolument dUb des parisiens fut une révélation scénique pour les arvernes-massives présents ce soir-là.
En préambule, pouvons-nous effectuer une petite présentation du groupe ?
Judahman : Alors il y a Nadir au clavier, Nadia au chant, Why.T à la guitare, Heykel à la basse et moi Judah, à la batterie. Il y a aussi BarT au son et Thierry notre « label-manager »
Avec un tel nom de groupe, avez-vous conscience d’avoir coupé l’herbe sous le pied de pas mal de groupes auvergnats qui aurait pu s’appeler ainsi ?
Judahman : Ça peut être « sismique », ça peut être 6-mix : on est 6, on mixe… Il y a plein de choses à faire avec ce nom. Le nom est venu un peu par hasard, comme la musique qu’on a fait quand on s’est rencontré. On vient tous de plein d’horizons différents.
Kayembe : On voulait faire du gros son, que ça tremble !
Judahman : Mais après, tu peux l’interpréter comme tu veux aussi.
Kayembe : Sismix, on est 6 et on mixe !
Judahman : C’est la place du hasard !
Il paraît que vous auriez à vos débuts évolués dans la scène free. Qu’en est-il vraiment, venez vous de la tekno ?
Judahman : C’est à dire que Why.T, le guitariste avait beaucoup de contacts aves Mas-I-Mas, avec l’électro et des sounds-system. Et en fait, en 99, au teknival de Caen, ça faisait 6 mois qu’on avait commencé à jouer, et on est aller jouer du dub un dimanche après-midi, de midi à 16 heures, en live sur 30 kilos. C’était notre premier concert ensemble. 30 kilos pour notre premier concert !
Et comment avez-vous été accueillis ?
Judahman : Super, c’était l’idéal le dimanche après-midi…
C’est sûr que le samedi soir…(rires)
Kayembe : Il y aurait eu un problème dans le sound system tekno !
Judahman : Le matin, il y avait des skeuds des Béruriers Noirs qui passaient. Mais, pas en vrai, en skeuds, sur un Sound System !
C’est un peu la tradition… En plus, en 99 !
Kayembe : Oui mais nous, c’était live ! On avait amené nos instruments, nos amplis, eux avaient amené le backline.
Judahman : 30 kilos de sons ! On n’a jamais joué sur une aussi grosse sono.
Kayembe : Après, ils nous ont repiqué sur leur façade.

Et c’était votre premier concert ensemble ?
Kayembe : Oui, notre première prestation.
Judahman : Why T connaissait bien Mas I Mas, c’est donc super bien tombé, et dans des conditions que parfois, tu ne retrouves pas dans des salles
Peut-être que ces conditions pourraient se reproduire quand vous rejouerez dans un festival bien massif, l’été en plein air ?
Judahman : Bien sûr, mais là, la sono était un mur, un truc de ouf. Tu mets un coup de grosse caisse,et … (il mime la déflagration)
Donc voilà pour les circonstances de votre premier live, mais vous, en tant que musiciens, d’où venez-vous ?
Kayembe : De choses un peu trash, hardcore. Moi j’avais joué dans un groupe plus roots, reggae. Greg (Why T) faisait pas mal de blues. On est vraiment ouvert.
Est-ce que vous vous produisez souvent en province ?
Kayembe : Ça commence à venir.
Judahman : C’est nous qui nous manageons, donc tu vois, en gros, ce que tu fais avec ton fanzine, c’est ce qu’on fait avec notre groupe. C’est la similitude : tu te débrouilles pour être auto-financé, et bien nous, on autofinance nos skeuds que l’on sort. Grâce à ça, on peut en refaire un après.
Kayembe : Et pour les concerts, c’est pareil.
Voyez-vous des différences entre les publics : celui que vous rencontrez à Paris et les gens de province ?
Kayembe : Les gens sont ici plus présents qu’à Paris. C’est-à-dire que même s’ils sont nombreux, ils sont là à fond. Alors qu’à Paris ils peuvent être nombreux et être assez passifs.
Judahman : Peut-être… mais il ne faut pas généraliser. Mais en gros, ce sont les gens de province qui mettent le feu.
Quels regards portez-vous sur la scène lyonnaise. Y avez-vous des affinités?
Judahman : Oui, avec Hybrid, qui a sorti un disque chez Sounds Around qui est aussi notre label. On a tourné avec Hybrid et Kaly sur une ou deux dates. Nadir connaît bien Steph, il a des affinités. Moi, High Tone parce qu’on n’a jamais fait de choses avec eux.

Avez-vous des contacts ou des projets avec Manutension ?
Kayembe : Des projets, on en a eu puisqu’il est venu sur le deuxième album de Sism-X, de Bordeaux exprès nous faire des remixes. Et puis on est toujours en contact !
Judahman : De toute façon, Manutension et Improvisators Dub. C’est le premier groupe de dub à l’anglaise français !
Kayembe : Oui, à l’anglaise ! Avec des patterns reggae classiques. Ça ne part pas sur des délires…
Judahman : …trop tek
Kayembe : Oui, ça reste toujours à l’anglaise, roots dans leur style.
Qu’est-ce qui vous influence directement ?
Kayembe : C’est varié… Du plus classique, Bob Marley, en allant à Aba Shanti-I chez les anglais ou pour moi du reggae sénégalais.
Judahman : Rhythm n’ Sound…
Est-ce alors parce que vous êtes dans cette vibe que vous reproduisez ce type de musique ?
Judahman : Chaque fois que l’on compose, on fait ensemble du dub anglais. On ne se pose pas la question de savoir si on va faire un ska. Ça sonne toujours à l’anglaise. En tout cas on essaye et on ne se prend pas la tête pour les compos.
Kayembe : C’est pour ça qu’on est là. Après, si j’ai envie de faire du roots, ou si j’ai envie de faire de l’éléctro-machine, j’irais dans un autre groupe. Avec Sism-X, le but, c’est à l’anglaise !
Comment me décririez-vous le processus de création ? Est-ce au local, en improvisant…
Kayembe : Ça arrive, il y a cette option.
Judahman : Dans le groupe, tout le monde compose de toutes façons. Chacun arrive avec des morceaux plus ou moins finis. Et parfois t’as rien à dire : tu les joues et ils sont entièrement chanmés. T’as rien à rajouter.

Pour en revenir à l’évolution générale du dub : jusqu’où pensez-vous que le dub peut se montrer novateur ?
Kayembe : Il y a pas mal de teuffers qui commencent à le kiffer. Avant, c’était pas mal de gens qui aimaient le reggae, ce type de reggae avec pas mal d’effets… Il y a maintenant un nouveau public qui s’ouvre, avec de nouvelles influences qui viennent se mélanger. Mais en tout cas, ça va, il y a beaucoup de groupes en France, qu’on ne connaît pas spécialement. Il y a pas mal de monde dans le dub.
Pour conclure : quels sont vos projets ?
Judahman : On va enregistrer un nouvel album, qui sortira chez Sounds Around aussi. Et puis des remixes, et peut-être aussi des 45 avec des riddims à faire tourner en Sound System.
Kayembe : Et plein de concerts !
Interview réalisée en 2005 à Thiers, salle Le Métro.








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