« A la fois songwriter sensible, guitar hero, hippie débonnaire, proto-punk, bluesman, parrain du grunge, Neil Young a passé les 35 dernières années à être là où on ne l’attendait pas ». C’est le 12 novembre 1945 que Neil Young voit le jour à Toronto. Il est le second fils d’un journaliste frivole et d’une mère attentive et férue de sport. Son enfance se passe dans la campagne canadienne, où il subit à 6 ans les assauts de la polyo dont il gardera des séquelles. Ses parents se séparent, ce qui a pour conséquence qu’il se replie sur lui même. Il se consacre dés lors à l’apprentissage solitaire de la musique, influencé par la révolution radiodiffusée du rock’n roll des années 50. Son premier groupe voit le jour en 61, poussé par sa mère, avec pour influence majeur Dylan et les Beatles. Sa carrière prend un tournant définitif lorsqu’il rejoint Los Angeles. A peine débarqué, il y fonde avec d’anciennes connaissances Buffalo Springfield, groupe folk-rock dans la lignée des Byrds. En proie au stress de l’effervescence créatrice, il est perclus de crises d’épilepsie, ce qui l’incite, un peu à la manière de Kerouac, à prendre du recul. En 1968, il ressent le besoin d’une meilleure stabilité personnelle, sa carrière prenant ainsi une tournure solo, loin de la célébrité de Buffalo Springfield, son précédent projet qui lui a valu la reconnaissance. Il fédère en 1969 autour de lui la rythmique des Rockets pour créer le band qui devra l’accompagner : le Crazy Horse. Il joue aussi dans un ‘super-groupe’, le Crosby, Stills, Nash and Young, sorte de conglomérat de super-musiciens. Ils se produisent notamment à Woodstock, expérience que Neil Young renie, la jugeant trop réductrice. Il en résulte néanmoins qu’il est balayé par le tourbillon du succès, qui ne le quittera plus jamais. L’album Harvest de 1972 demeure encore aujourd’hui la référence de sa discographie. Les thèmes récurrents de ce song-writter prolifique se recentrent autour des illusions perdues, de la paranoïa, de la nostalgie, du déclin de l’empire américain. Il est indéniable que son approche intuitive et sensible de la musique a influencé en son temps nombre d’artistes grunges. Neil Young, modèle d’intégrité artistique, constitue en cela une passerelle entre les générations de musiciens se réclamant de sa lignée artistique.

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