Voici une biographie d’un auteur italien qui ne cache pas son admiration pour son sujet. Allessandro Robecchi permet de jauger l’évolution et de balayer les idées reçues à propos du ‘Clandestino’ à l’eternel bonnet andin, Oscar Tramor alias Manu Chao.

Comment un petit fils d’immigré basque communiste a t-il pu devenir un personnage indissociable de la sono mondiale ? A force de perfectionnisme et d’abnégation dans le travail et d’une profonde humilité envers les sans-grades et les opprimés, ici et là-bas, assurément.

En quête d’aventures, Manu, qui a grandi dans l’effervescence latine de la diaspora espagnole, s’époumone dans diverses formations do it yourself, en plein chaos alternatif. Ces influences sont à chercher du côté du rockabily, mais le modèle ultime prend les allures de Joe Strummer, leader charismatique des Clash. C’est ainsi qu’à 26 ans il forme la Mano Negra, ce qui lui permet de se rapprocher de quelques amis et de son frère. Le succès de “la main noire” (en référence à des paysans anarchistes espagnols) est fulgurant. Au même moment, le public alternatif se retrouve orphelin du “commando berrurier”, alors que les membres de bon nombre de structures alternatives s’entre-déchirent dans des querelles fratricides. Contre l’avis d’une partie de son public, la Mano se lie au label Virgin et profite des moyens mis à sa dispositions par cette major. 5 ans quasi-ininterrompus de tournées et de productions s’ensuivront, avec une conséquente discographie, surtout pirate… Le sens de l’équité de la Mano deviendra légendaire grâce à ses prestations impromptues et à ses implications dans des projets ‘socios-festifs’. Les barroks, sorte de free-party urbaine avant l’heure, la Caravane de banlieue, le cargo et le train aménagés avec la troupe de théâtre Royal de Luxe à l’assaut de l’Amérique du sud se succèdent dans une créativité et une efficience sans commune mesure. Les rencontres autour du globe seront légions et déchirante sera la séparation de la Mano Negra. L’aventure aura duré 7 ans, s’étalant sur les 5 continents. La conscience politique de Manu sera le ciment du Radio Bemba Sound System, à ses côtés lors de son aventure en solo.

Cette biographie s’avère ultra instructive et peut être complétée par le documentaire réalisé à la même période. Avant que les maisons de disques ne succombent au marasme économique, Manu formulait le vœu de créer sa propre structure, à l’instar de son alter ego Fermin Muguruza (Neggu Gorriak, Kortatu) et de son label Ezan Osenki.

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