Au cours de l’année 2005, Asa, un adolescent noir complexé, est retrouvé abattu d’une balle dans la tête dans un jardin communautaire de Washington. Ce meurtre révèle des coïncidences frappantes avec 3 homicides commis en 1985 sur des victimes portant des prénoms se lisant dans les deux sens. 3 policiers, Ramone, Cook et Holiday impliqués dans cette affaire en 1985 se voient réunis par le destin 20 ans plus tard. Leur tache ne peut être on ne peux plus évidente :débusquer celui que l’on nomme le tueur au palindrome. Au même moment, un jeune délinquant braque des truands et leur dérobe 50 000 dollars. Dés lors, l’imbrication des affaires et les liens entre les acteurs ne pourront trouver leur dénouement qu’entre vengeance, violences et effusion de sang.

Georges Pelecanos, un des plus éminents représentants de la littérature policière US connaît un succès croissant depuis 1992. Ce co-scénariste de la série The Wire n’en est pas moins un grand témoin de l’évolution de la société américaine. Son œuvre la dépeint avec une réussite telle qu’elle suscite la passion chez ses lecteurs. Ses méthodes d’écriture le plonge physiquement dans tous les milieux qu’il aborde pour préparer ses romans, et ses investigations font de lui un excellent rapporteur des méfaits de la pègre et des strates sociales des milieux défavorisés. Ses descriptions des armes, des scènes d’actions, du comportement des criminels, de la police, voire des deux à la fois, en attestent et traduisent sa passion pour le monde du crime et de la dualité entre le bien et le mal.

George Pelecanos est un témoin de l’état d’urgence et de l’ultra violence dans lesquelles baignent les classes précaires des USA, et de Washington en particulier. C’est en effet dans la capitale fédérale américaine, une des métropoles les plus violentes d’Amérique du Nord que se déroulent ses polars. Cet auteur fait aussi figure de spécialiste de la culture populaire ainsi que de la diaspora grecque de cette ville, qu’il s’applique à décrire depuis le milieu du XXème siècle, soit depuis son enfance. Le cinéma, et la groove musique antérieure aux années 80 sont aussi pour lui des centres d’intérêt que l’on retrouve au fil de ses parutions. D’autres thèmes récurrents, comme les rapports familiaux, la psychologie père/fils, les addictions aux drogues, l’amour, le racisme, la violence, les inégalités sociales, le sens de l’honneur, le goût du travail ou encore les oppositions entre communautés noire et blanche, (comme ici dans une même famille) se retrouvent dans Les jardins de la mort. Chacune de ses facettes se rejoignent dans un maelstrom de violence et de sensibilités, souvent proche de paternalisme et d’empathie pour ses personnages les plus vulnérables.

Dans Les jardins de la mort, plusieurs histoires criminelles s’imbriquent. Elles forment la trame du livre qui dévoile une intrigue progressive au dénouement fulgurant avec peut être un peu moins de suspens qu’à l’accoutumée pour le dénouement. Sa force de narration de Georges Pelecanos permet de comprendre toute la subtilité des liens sociaux ainsi que l’état de crise et d’abandon que subit « l’Amérique d’en bas ». C’est en cela que cet ouvrage déborde du strict cadre du roman policier pour se destiner à un public plus large.

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