Issu des couches moyennes de la côte-est de Floride, Jaco Pastorius est le fils d’une mère finoise et d’un père saltimbanque qui divorcent après avoir mis au monde 3 enfants. Jaco assume son statut d’aîné, tout en s’adonnant et en excellant dans de nombreux sports. Il apprend seul la pratique de la guitare basse, et devient lui-même père à 18 ans d’un fils. ”Punk” au sens américain et très présomptueux, car persuadé d’être le meilleur, il apprend sur la route et s’enrichit de ses rencontres. Il prend vite mesure de son destin, tout en étant persuadé que sa vie sera courte. Hyperactif, christique et straight-edge, il produit son premier disque en 1975 et révolutionne par son jeu le monde du jazz, tout en l’enrichissant constamment. Il atteint le zénith de la pratique en 1972, s’autoproclame meilleur bassiste du monde. C’est sur une légendaire Fender qu’il crée son répertoire. Musicien de backing-band, il s’aguerrit et apprend l’art de l’arrangement. Il devient un multi-instrumentiste hors-paire et un extraordinaire showman (pendant son set, il met du talc au sol pour imiter James Brown, il saute du haut de son ampli…) . Sa vie a connu deux périodes majeures : jusqu’à 22 ans, jeune père, il a appris, s’est adjugé le titre et les superlatifs du meilleur, puis une fois la notoriété acquise, il a vu surgir des tendances héréditaires d’autodestruction. Ces dernières le mèneront à la déchéance et au caniveau…
Le destin de Jaco Pastorius est ainsi empreint de mysticisme. Il est jalonné d’abus en tous genres : il a toujours su qu’il mourrait avant ses 35 ans. Cette biographie, au delà de la qualité de sa narration, constitue surtout un recueil de témoignages. L’on découvre que Jaco a souvent bluffé les gens : si des personnes le jugeaient arrogant de par sa vantardise, il leur prouvait son talent. C’est ainsi que son renom s’est amplifié, bien au delà le l’Amérique, pour ainsi créer une légende que tous les bassistes connaissent. Mais les témoignages sont trop souvent élogieux ou sont alors mentionnés pour évoquer des bons souvenirs. Avec autant d’amis ‘post-mortem’, comment Jaco Pastorius a t’il pu être abandonné de tous, dévoré par ses démons pour finir massacré par un videur de boite de nuit ?






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