Globalia – Jean Christophe Ruffin. Gallimard.
Jean Christophe Ruffin, auteur étroitement lié aux ONG, dépeint dans ce roman un monde globalisé, sécurisé, ‘’thermorégulé’’, où une société aseptisée évolue dans d’immenses verrières. Sous des allures démocratiques, l’Occident est parfaitement contrôlé, la propagande orchestrée par d’efficaces mass-médias. Pourtant, dans ce monde qui aurait des allures d’Eldorado pour quiconque serait dépourvu de conscience, tente de s’échapper un couple, avide d’exploration. Leur histoire d’amour prendra une tournure bien singulière, dès lors qu’ils auront franchi les frontières nord-américaines de leur civilisation.
Dans la veine du 1984 de Georges Orwell et du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley, Globalia n’est pourtant pas une œuvre de Science-fiction. L’auteur décrit en effet avec justesse le monde tel que nous le connaissons pour sa partie civilisée, et un autre monde, fait de no man’s land, de guerres, de famines… qu’il n’anticipe pas du tout. L’hypertrophie représentée du clivage nord-sud actuel, permet une réflexion sur l’avenir et le contrôle des populations. Le roman est sérieux, palpitant, pourtant sa trame reste décevante dans son dénouement. Les thèmes abordés sont cruciaux, tels que les mécanismes d’embrigadement et d’asservissement des individus, ou encore la portée de l’Histoire sur la conscience collective. Les descriptions, notamment les opérations humanitaires attestent de l’expérience de l’auteur, et représentent même un excellent témoignage






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