« Bruit de périphérique en sourdine, terrain vague, grafs délavés par le temps, mauvaises herbes partout, bouts de verre, canettes défoncées sur le sol. L’ancienne gare désaffectée est devenue notre lieu de rendez-vous. » C’est dans cet univers urbain que Nora Hamdi, plante le décor de son premier roman. Lya, adolescente issue de la deuxième génération d’une famille émigrée de Kabylie en est l’héroïne. Cette dernière est la seconde d’une famille de trois filles dont le chef s’éreinte sur des échafaudages. Lya évolue ainsi entre l’ultra-violence de son père, frustré par sa condition, la soumission au joug marital de sa mère, et la dictature de la beauté dans laquelle s’est réfugiée sa sœur ainée, afin de parvenir socialement à l’ambition qu’elle s’est fixée.

Nora Hamdi dépeint ici avec exactitude la banlieue, la violence sexiste, la misère sociale. Sur une BO oscillant entre rn’b et hip-hop, ce roman se situe entre les tours décrites par Rachid Djaïdani dans Boumkoeur, et la volonté farouche d’accéder socialement, propre à l’une des héroïnes des Jolies Choses de Virginie Despentes. Les relations adolescentes en banlieue y sont abordées ici, à la manière du film L’esquive, dont les dialogues résonnent à la lecture de cet ouvrage, il en résulte un profond respect de la condition féminine.

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